Syndicat Interco

Employés communaux : on est ce que l’on fait de nous

6 décembre 2007

Dans un récent article paru dans la presse, une fois de plus il était question d’employés communaux. Ces employés communaux ont été dépeints en des termes peu élogieux et brossés dans des tableaux surréalistes. Entre les vrais faux emplois, les becqueurs de clé, les absences répétées et payées, le travail au black, l’économie parallèle, les balades et voyages sur le temps de travail, les fraudeurs et les joueurs de cartes, la coupe est pleine.

Et dire que cela se passe dans une commune de La Réunion et certainement pas la seule. On peut s’interroger dès lors sur le pourquoi de cette situation. La raison vient tout simplement de ce que les élus de tous bords ont bien voulu faire de cette fonction publique territoriale ; ces employés communaux que l’on recrute bien plus pour servir les desseins électoraux que pour un réel besoin de la collectivité. Le risque d’explosion sociale devient l’excuse avancée pour se constituer une réserve à voix en jouant au buvard social. Résultat, chaque embauche se trouve ainsi doté d’un coefficient multiplicateur : le frère, la sœur, la mère, le père... C’est connu le Réunionnais est solidaire, autant de voix à engranger. En fait l’employé municipal, même s’il semble tirer son épingle du jeu, par rapport à tous ces avantages, n’est qu’une victime.

C’est volontairement qu’on le maintient dans cette situation pour mieux le manœuvrer, le manipuler et pour mieux s’en servir au moment opportun, une reconnaissance du ventre en quelque sorte accentuée le cas échéant par une dispense de travail. A chaque fois, l’actualité nous le prouve, ne voit-on pas les employés municipaux en première ligne quant il s’agit de coller les affiches, ou encore quant il s’agit de passer quelques nuits blanches ou/et de longues journées de chaleur à attendre leur maire à la sortie des palais de justice, des commissariats ou tout simplement de la maison d’arrêt pour scander l’innocence de leur élu bienfaiteur. Même mouillés ils sont secs.

C’est bien pour éviter tous ces errements et ces pratiques détestables que la CFDT continue à réclamer à cor et à cri leur titularisation. C’est aussi pour ne plus être dans pareilles situations que la CFDT a été le signataire du protocole d’intégration. Ce protocole a permis le versement du supplément familial de traitement, la reprise d’ancienneté aux trois quarts, la reconnaissance de la

fonction de chaque agent et son reclassement dans la grille de la fonction publique territoriale métropolitaine, l’application de la valeur du point, la mise en place de commission administrative paritaire (CAP) permettant un déroulement de carrière. Cette intégration aurait dû permettre une moralisation dans la gestion des personnels eu égard du protocole d’intégration et des statuts de la fonction publique territoriale. Malheureusement les mauvaises pratiques et la gestion atypique des effectifs dans les communes ont la vie dure. Nos élus ne se travestissent-ils pas en pleurnichards pour revendiquer davantage d’emplois aidés malgré l’effectif pléthorique de leur collectivité.

La démarche d’intégration en elle-même n’était qu’une étape depuis, et à juste titre, les employés communaux revendiquent leur titularisation.
La route est longue et le chemin parsemé d’embûches, dernière en date le Contrat à Durée indéterminée (CDI). Ce CDI qu’une circulaire préfectorale tend à faire appliquer dans les communes de la Réunion. Ce CDI combattu par la CFDT parce qu’il n’apportera rien en termes de salaire et d’évolution de carrière et peut à tout moment être converti en contrat à durée déterminée (CDD) en cas de changement de missions (article 26 loi du 19 février 2007). Même si pour l’instant dans au moins 23 communes, c’est le calme plat, gageons que les choses risquent d’évoluer après mars 2008.

Plus que jamais, la CFDT reste persuadée que la solution doit passer par une indexation des salaires de ces personnels, étalée sur un échéancier ce qui serait un autre pas de fait et aurait le mérite de leur offrir une plus grande émancipation et de les sortir ainsi du joug de nos chers élus.

Bien plus que les contraintes budgétaires, le manque de volonté, plus le manque de courage politique font que la situation reste figée.

Alain Mani
Secrétaire Général du Syndicat INTERCO


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