L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
31 janvier 2016, par

Ce mois de janvier deux jeunes femmes ont été assassinées par leur conjoint, deux crimes atroces, des orphelins désespérés, des familles dévastées par la douleur et la colère.
Quelle impuissance de notre société du 21 ème siècle à éradiquer la violence aveugle de certains hommes sur leurs compagnes quand elles veulent les quitter et vivre leur vie ! Cela leur parait si intolérable que leur seule réaction est le meurtre. Ils agissent en tyran, leur compagne est leur propriété, leur bien, personne ne peut les en priver et ils s’arrogent le droit de vie ou de mort sur elle. Cette violence immature est dénoncée depuis des années par les associations féminines, par les médias. Des marches blanches sont organisées. Quel en est le résultat ?
Le problème des violences commises sur les femmes par ceux qui devraient les aimer et les protéger ne peut se borner à être traité comme un fait divers tragique. C’est un problème de société, une société où la femme n’est pas reconnue comme l’égale de l’homme dans beaucoup de domaines, à l’école, au travail, en politique, à la maison. L’éducation est primordiale, le respect et la tolérance devraient être expliqués comme les disciplines scolaires. Les filles devraient apprendre que l’amour ne se décline pas à coups d’insultes et de claques.
A l’Assemblée Nationale depuis juin 2012 il y a 155 femmes et 422 hommes. Nous avons à la Réunion trois députées du sexe féminin dont une, Madame Bello qui a été élue en juin 1997, ce qui lui fait 19 ans de mandature. Qu’est-ce qui a été fait pour que l’Etat prenne enfin en compte cette hécatombe féminine ? Il y a un manque criant de foyers d’accueil pour mères et enfants, les conjoints violents sont trop peu à être traités pour qu’ils prennent conscience de leurs agissements criminels, les services de gendarmerie et de justice devraient travailler ensemble pour que le parcours d’une victime qui porte plainte ne soit pas celui d’une combattante. « On dirait que tout le monde s’en fout » c’est ce que disent beaucoup de plaignantes qui sont parfois découragées devant l’inertie des autorités.
Alors les drames se succèdent, les femmes harcelées, insultées, battues, celles qui décèdent sous les coups (une femme tous les deux jours en 2006) sont toujours aussi nombreuses et parfois c’est la femme martyrisée qui tue son agresseur permanent. C’est le cas de Jacqueline Sauvage, 66 ans, qui après 47 ans de coups, de viols (elle est allée aux urgences 4 fois entre 2007 et 2012) a tué son mari de trois tirs de fusil en septembre 2012. Sa condamnation à 10 ans de prison en décembre 2015 m’émeut car je me sens profondément solidaire d’elle, même si elle a commis un crime. Elle était prisonnière de cet enfer conjugal, sous l’emprise d’un tortionnaire brutal et pervers. Un jour, elle n’a plus supporté ce calvaire et a tiré. Bénéficiera-t-elle de la grâce présidentielle ?
Il existe une pétition à signer sur internet pour la soutenir et peut être envoyer un signal fort à celles et ceux qui légifèrent. Qu’attendez-vous pour réfléchir, pour agir et voter des lois qui viennent au secours des milliers de femmes violentées et ne pas les laisser faire leur propre justice en désespoir de cause ?
Marylène Berne
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Mi koné pa kossa zot i panss kan zot lé an parmi. Mi oi bien zot i rogard lé z ‘inn épi lé zot. Mi oi bien tazantan sa i di azot kékshoz. Tète-la (…)
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