Di sak na pou di

Enseignants pédophiles présumés mutés en Outre-mer : « nous voulons la vérité »

Ligue des droits de l’Homme

Courrier des lecteurs de Témoignages / 14 février 2020

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Les propos de Mme Ségolène ROYAL, selon lesquels, alors qu’elle occupait une fonction ministérielle à l’Education Nationale, comme ministre déléguée à l’Enseignement scolaire de 1997 à 2000, elle aurait eu connaissance de différents cas où des enseignants pédophiles présumés avaient été mutés discrètement Outre-mer, ont suscité une légitime indignation dans les Outre-mer et à la Réunion en particulier.
En effet, non seulement la pratique de mutation dénoncée traduit une certaine conception des Outre-mer de la part de la haute administration de notre pays, mais il est fait état de faits de nature criminelle qui auraient été couverts par le ministère de l’Education Nationale. Les propos de l’ancienne ministre comportent en effet l’affirmation implicite qu’aucune poursuite n’aurait été engagée par les autorités compétentes, ce qui aurait mis en danger l’intégrité d’autres enfants. Ces autorités se seraient ainsi rendues complices d’actes criminels non dénoncés.
 
Dans ces conditions, il est indispensable que toute la vérité soit faite sur les situations ou rumeurs évoquées par l’ancienne ministre. La Ligue des droits de l’Homme à la Réunion soutient les démarches pouvant y contribuer. Une commission d’enquête parlementaire a été demandée. Il doit y être fait droit. Enfin, il est indispensable qu’après investigation, des suites judiciaires puissent être données aux faits de pédophilie avérés mais aussi à l’omerta coupable qui a pu les entourer.
 
Nous exigeons des autorités civiles qu’elles agissent en ce sens.
 
Cette affaire se situe dans un contexte où la parole se libère pour dénoncer les abus sexuels dans différents milieux, notamment dans les milieux sportif et culturels. C’est un des moyens de lutter pour l’égalité et la fins des violences faites aux femmes et aux mineurs. Cette lutte doit recevoir le soutien de tous.
 
Fait à Saint-Denis le 12/02/2018
Le bureau de la LDH à la Réunion