Suite à l’épidémie du chikungunya de l’été austral 2005/2006 et de ses retombées, tant médicales que médiatiques, les touristes ont annulé leur voyage sur La Réunion. Or, le moustique, endormi pendant l’hiver austral de juin à septembre, ne pouvait quasiment plus sévir. Cela a causé des pertes irrémédiables sur tout un pan de l’économie réunionnaise productive qui vit de cette industrie du voyage car notre Réunion est une des plus belles destinations au monde, par ses paysages, les couleurs de son ciel et de sa végétation, par ses productions au goût incomparable grâce à la nature et la richesse du sol volcanique. Le géranium, le vétiver sont les huiles essentielles les plus cotées, la vanille, les mangues, l’ananas victoria (quand on respecte le cycle de maturation), le café Pointu de Bourbon sont les plus goûteux au monde. De quoi faire venir des Japonais, des Américains (ils ne sont pas tous “bushistes” et demeurés) et bien d’autres amateurs qui apprécient ce qui est authentique, à condition de respecter et de mettre en valeur les vertus de la tradition tout comme il existe un juste engouement pour l’œnologie et la qualité du vin.
Cet hiver, les touristes ont préféré aller remplir les hôtels de Maurice, l’île sœur, qui a eu l’intelligence et le bon sens de ne pas étaler ses maux à la planète alors qu’elle fut elle aussi touchée de plein fouet par l’épidémie. Alors à qui la faute ? Qui sont les responsables de ce gâchis créant chômage et moins value ? Les médias locaux puis nationaux en mal de sensation...?
Entre les quelques abrutis qui prennent les chiens pour appâts, les requins qui attaquent d’une façon épisodique ou la falaise qui s’effondre (lieu où Lacaussade voulait être inhumé en sa première jeunesse), l’image de notre île est présentée d’une façon catastrophique et non justifiée au niveau national, que font les autorités, les collectivités locales et le CTR pour pallier à ce manque d’informations ? Les ambassadeurs de notre île sont-ils allés arpenter les agences de voyage en Métropole et en Europe pour rétablir la vérité ? Oui, nous avons été touché de plein fouet par l’épidémie (heureusement que ce ne fut pas du paludisme). Et si le droit à la liberté de l’information est inébranlable, doit-elle pour autant générer une désinformation au niveau national et international ?
Les retombées du chik sur l’économie réunionnaise et l’emploi productif ont été catastrophiques parce que la crise a été très mal gérée.
Maintenant que le mal est fait, souhaitons que pour l’année 2007, tous ensemble, nous essayions de mettre en valeur les charmes de la douceur de l’hiver austral quand la canicule inonde les pays du Nord.
Nous y aurions tous à gagner, à commencer par l’emploi local, car la situation sanitaire de La Réunion reste, malgré tout, la meilleure de toute la région du grand Océan Indien.
Christian Vittori
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