L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Lettre ouverte aux candidats à la présidence de la République
27 avril 2007

Je n’ai pas trouvé dans votre pacte ou projet présidentiel des propositions pour le développement culturel, et je le regrette vivement. En effet, les moyens d’intervention de l’Etat face à la crise que connaissent aujourd’hui de nombreuses pratiques culturelles ne sont pas à la hauteur des enjeux de notre époque. Cette réflexion s’impose absolument, si l’on veut que la politique culturelle outre-mer soit aussi un moyen de faire obstacle à la persistance de l’illettrisme, à la montée de toutes les formes d’exclusion. Chômage, pauvreté et racisme sont désormais la pierre de la touche de toute politique culturelle.
De 1981 à 1993, se déploie une ère véritablement nouvelle et faste dont il n’est pas toujours simple et aisé de faire l’analyse tant furent multiples les initiatives de la politique ministérielle dans une sphère culturelle toujours élargie. Première phase historique, marquée par le doublement de budget, par le discours selon lequel « la culture n’apparaît pas à une classe, à une ville, à un pays » et par une politique ambitieuse de développement et de décentralisation culturelle.
Suit une période datée par la priorité donnée aux grands chantiers nationaux et régionaux, par la mise en place de la politique des industries culturelles.
Entre ces deux périodes, qui se superposent plutôt qu’elles ne se succèdent, toute une série politique d’aide à la création et à la diffusion a été mise en place avec volontarisme. Théâtre, musique et arts plastiques ont semblé être les domaines privilégiés et les principaux bénéficiaires des mesures nouvelles. Le retour en grâce des musées et du patrimoine s’est opéré plutôt tardivement et manque encore de cohérence.
On a reproché, tour à tour ou en même temps, à cette politique son aspect touche à tout, son centralisme et son interventionnisme, son (supposé) laxisme financier lié à la montée des clientèles culturelles, voire enfin son euphorie idéologique parfois naïve.
Au total, cependant, l’état d’esprit et les ambitions de cette période ont fait date, suscitant des attentes très fortes auprès des partenaires de l’Etat. Le rôle de la politique culturelle, la place du ministère sont désormais reconnus.
Nous regrettons que le bilan de ces dernières années de l’action du ministère de la Culture se résume à un schéma épuré : peu de priorités, peu d’actions nouvelles, une politique surtout défensive.
Les quelques priorités affichées par le ministre de la Culture : patrimoine, enseignements artistiques n’ont produit que des textes de portée modeste, insuffisants au regard de leurs objectifs incapables d’insuffler une dynamique nouvelle.
L’inaction du ministère de la Culture est assez atteinte en profondeur : l’absence de véritable débat sur les enjeux culturels et l’action des pouvoirs publics laissent inévitablement des traces.
Plus radicalement, le ministère de la Culture se trouve aujourd’hui confronté à une véritable crise de légitimité et d’identité.
- L’objectif du plus 1% du budget de l’Etat n’est pas poursuivi, alors que c’était un objectif mobilisateur.
- Les objectifs mêmes de l’action de l’Etat pour la culture méritent d’être redéfinis au regard de l’évolution des pratiques culturelles et des mouvements de concentration qui ne marqueront pas d’affecter les industries de ces secteurs. Il nous semble urgent et légitime d’y manier des outils pour mesurer l’impact des interventions de l’Etat.
Nous souhaitons, Madame Ségolène Royale et Monsieur Nicolas Sarkozy, que l’élaboration du budget 2008, qui va révéler des tensions et des contradictions internes à la politique culturelle de l’Etat, soit aussi une occasion à ne pas manquer d’affronter ces questions.
Quatre projets me paraissent aujourd’hui pouvoir orienter prioritairement l’action du ministère de la Culture :
1 - Mettre en chantier une réflexion sur le rôle, la place et l’organisation des institutions du secteur culturel et de la coopération régionale.
C’est de manière plus globale encore que devrait être menée cette réflexion : parvenues à un stade de leur développement qui provoque une crise de leur gestion, les institutions culturelles sont aujourd’hui confrontées à une échéance majeure qu’il convient de préparer : penser ou repenser les institutions outre-mer.
2 - Donner la priorité à une action contre toutes formes nouvelles d’exclusion et de régression culturelle.
Cette politique privilégierait la formation, aussi bien celle des professionnels que celle des élèves, des enseignants et du public.
3 - Intégrer la dimension européenne dans la politique culturelle et régionale de développement des industries culturelles.
En matière d’audiovisuel, de presse, mais aussi d’édition de livres ou de phonogrammes, les prochaines années verront s’accentuer considérablement les regroupements industriels et financiers, de la part de partenaires extrêmement puissants et plus familiers de la corbeille que de la rue de Valois.
Le ministère doit faire prévaloir la nécessité d’un traitement spécifique des productions culturelles, ce qui n’est nullement contradictoire avec la priorité européenne du gouvernement de la France.
4 - Depuis des décennies, on a, volontairement ou pas, oublié d’inscrire l’archéologie dans le programme d’actions culturelles de la Région Réunion.
Nous avons plus de 30 sites potentiellement archéologiques. Il ne faut pas oublier que l’archéologie est une discipline propre, permettant l’élargissement des perspectives historiques. Nous avons, pour l’histoire le diktat, des sources écrites. Cependant, notre sol regorge de sources historiques non encore exploités par l’archéologie.
Complémentaires à ces projets, trois moyens, indissociables l’un de l’autre, m’apparaissent devoir être privilégiés :
1) Avancer de manière décisive dans le regroupement et la fusion de directions d’administration centrale, méthode indispensable pour sortir les structures actuelles de la gestion des différentes clientèles du ministère et pour mettre en place des politiques transversales.
2) Poursuivre le mouvement de déconcentration, notamment au profit de la D.R.A.C., à condition d’une politique culturelle de proximité.
3) Promouvoir une clarification et une nouvelle répartition des rôles entre l’Etat, les collectivités locales, le secteur privé, et le tissu associatif. Cet enjeu suppose à la fois qu’on veuille :
- Réaffirmer la vocation du ministère en tant que structure nationale.
- Réorienter les moyens et rééquilibrer les interventions entre Paris et les régions d’Outre-mer.
- Réfléchir aux conditions d’une nouvelle donne du processus de décentralisation.
- Tirer un bilan du désengagement de l’Etat par la voie du mécénat.
- Redéfinir les limites et les moyens de l’intervention de l’Etat en matière d’aide aux industries culturelles et d’intégration européenne.
Voilà, Madame Ségolène Royal et Monsieur Nicolas Sarkozy, quelques pistes que nous aurions aimé trouver dans l’orientation culturelle pour notre région Réunion.
Marc Kichenapanaïdou,
Président du G.R.A.H.TER, (Groupe de Recherches sur l’Archéologie sur l’Histoire de la TErre Réunionnaise)
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Mi koné pa kossa zot i panss kan zot lé an parmi. Mi oi bien zot i rogard lé z ‘inn épi lé zot. Mi oi bien tazantan sa i di azot kékshoz. Tète-la (…)
In kozman pou la rout
Malgré l’argent abondant transféré par la France : il manque plus de 50000 logements sociaux
Conseil communautaire du 10 juin 2026
Mobilisation de l’intersyndicale
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture