Et si on reparlait de l’humain

16 janvier 2007

Dire que le monde va mal est une lapalissade aujourd’hui. Tout le monde en est conscient, mais, personne ne veut prendre la responsabilité de changer les choses. Les candidats à l’élection présidentielle ne disent d’ailleurs pas autre chose, quand ils stigmatisent l’immobilisme de la société française. Toutefois, je m’inscris en faux dans tout ce discours. Je clame haut et fort qu’un autre monde peut être viable. Une autre vision de la société est nécessaire, mais, on peut y arriver. Et cela, à une seule et unique condition : remettre l’homme au centre de tout.
Dans le domaine de l’économie, on voit bien que le tout marché ne fonctionne pas. Jamais, les entreprises françaises n’ont été aussi fortes, mais, pourtant, jamais les Français n’ont été aussi malheureux. Est-ce bien là le sens de la vie ? N’avons-nous pas oublié quelque chose ? N’avons-nous pas mis sous l’éteignoir le fait que l’économie n’est qu’un outil et que le vrai but est que le peuple soit heureux. Alors, oui, il faut sortir du tout économique. Il faut remettre l’humain à sa place, au centre du système, et tout faire pour que nos concitoyens soient heureux. Une France forte avec des gens heureux dedans, tel est mon credo. De même, l’objectif pour La Réunion est qu’elle soit forte, mais, que les réunionnais y soient heureux, et pas seulement que l’économie locale soit prospère !
Dans le domaine de la sécurité individuelle et collective, il faut arrêter de croire aux apprentis sorciers qui surfent sur les peurs, quelquefois légitimes, des gens. Ces pyromanes ne sont là que pour nous faire peur, pour nous faire avoir une réaction de rejet vis-à-vis de tout ce qui n’est pas comme nous. Bien souvent, ce sont ceux qui ne nous ressemblent pas qui sont les boucs émissaires, les responsables de nos maux. Alors, bien évidemment, cela crée des tensions, des frustrations, des ressentiments. Tout cela crée de la violence, sous jacente le plus souvent, mais, parfois, elle peut déborder, et une montée des violences n’est pas à exclure. La société française est au bord de l’implosion. Si les apprentis sorciers, et les marchands de vents n’arrêtent pas de jouer avec le feu, un grand désordre peut s’abattre sur nos belles contrées.
Dans ce domaine aussi, replaçons l’individu au centre de tout. Une bonne éducation à la civilité, au civisme, et les relations entre les gens s’amélioreront. Quand les gens auront intégré que tout ce qui ne nous ressemble pas n’est pas notre ennemi, alors, un grand pas aura été fait.
Le racisme est un des fléaux de notre temps. Il ressurgit lorsqu’il y a des difficultés sociales et économiques. Il nous faut un bouc émissaire. Toujours. Alors, on choisit celui qui n’est pas comme nous. On choisit celui qui ne nous ressemble pas. Tant pis, si sa diversité culturelle enrichit notre pays. L’important est que cette personne n’a rien à faire chez nous. On oublie un peu vite que ce sont des personnes comme nous, qui ont besoin de manger, de boire, de vivre et de faire vivre leurs familles. On oublie que nous aussi, on aurait été dans leurs situations, si on était né dans les pays du Tiers monde. On oublie un peu vite, que l’on aurait probablement fait la même chose qu’eux, à savoir vouloir échapper à la misère. Est-ce une faute ? Non ! Cent fois non ! Alors de grâce, cherchons les vraies raisons du chômage et du mal être des Français, et des Réunionnais, et arrêtons de jeter l’opprobre sur nos frères humains. Je considère que le racisme est un crime contre l’humanité, et qu’il faudrait, à l’instar des autres crimes reconnus comme tels, le pénalisé. Toutefois, dans ce domaine, il faut quand même laisser une place aux libertés individuelles, et en particulier à celle de penser.
Tout le monde doit pouvoir avoir un avis sur ces questions. La pensée unique n’est pas la panacée.
Remettre l’homme au centre de tout procède de cet état de fait. Pourquoi contraindre l’homme à toujours penser et réfléchir selon le sacro-saint politiquement correct ? Pourquoi le priver d’une partie de ses ressources propres, et de son intelligence individuelle ?
Ouvrons l’esprit des hommes. Laissons s’envoler la créativité et le raisonnement des hommes. Replaçons tous nos petits soucis là où ils doivent être. Rien ne saurait être plus important que cela.
Replacer l’homme au centre du système est aussi ce que font les gens de l’association “des enfants de Don Quichotte”. Même si le résultat des négociations n’est pas à la hauteur des espérances, au moins, il a permis aux Français et aux réunionnais de toucher du doigt une réalité qu’ils ne font qu’imaginer. Oui, la misère en France est telle que les Sans Domiciles Fixes se multiplient. Oui, beaucoup de personnes dans ce pays vit avec des moyens si faibles, que cela les fait entrer dans la catégorie des personnes vivant sous le seuil de pauvreté de l’ONU. Oui, il existe une catégorie de personnes, exclue de tout, complément marginalisée, et livrée à elle-même. Ces personnes, qui composent une population bigarrée, interlope, quelquefois dangereuse même, sont aux portes de nos villes, de nos maisons. Que faisons nous ? Rien ! On détourne les yeux, en espérant qu’ils aillent “crever” plus loin ! Il suffirait que l’on fasse juste un petit effort. Il peut s’agir d’autre chose que d’argent. S’acheter une bonne conscience lors du Téléthon, et ne plus rien faire d’autre confine à de l’hypocrisie. L’urgence est là. Et on n’a pas besoin seulement d’argent. Une présence, quelques paroles, un regard un peu moins lénifiant feraient plus que tous les millions du monde !
Mais, le peut-on vraiment dans nos sociétés ? Non. Aujourd’hui, tout est fait pour qu’on s’individualise au maximum. C’est la logique du marché qui prime, c’est le capitalisme à tout va qui dirige le monde. Si tout le monde est conscient de sa fortune, de ses avoirs, avant de s’intéresser au bien être des gens, alors, oui, une vision de la société basée sur le profit peut exister et prospérer.
Moi, je refuse cette hypocrisie et ce renoncement. Je refuse de baisser les bras et de nous laisser écraser par le poids du système. Il y a une vraie contradiction à dire : « on veut le bien du peuple, mais, on ne croit pas que cela soit possible autrement que par la satisfaction du compte bancaire de chacun », et dans le même temps dire que la priorité des priorités est le social.
Je suis de ceux qui pensent que l’on peut éradiquer la misère dans le monde si on se mettait à taxer transactions financières. Je pense que l’on peut faire mieux avec ce que l’on a. Je pense que la redistribution des richesses doit être mieux gérée. Je pense que les ouvriers et les petites gens ont aussi droit à leurs parts de bonheurs. Et que l’argent que l’on peut récupérer ici et là, doit être utilisée pour faire le bonheur des gens.

Alors, j’appelle le peuple entier à se révolter contre la société qu’on nous impose. J’appelle les gens à en faire plus pour leur prochain, et à ne pas seulement penser à leurs petits conforts personnels. Donnons chacun un peu de notre temps, un peu de notre attention aux exclus, aux malades, aux handicapés, aux personnes du troisième âge.
Pourquoi accepter qu’en dehors, des personnes qui ne sont pas, ou plus, dans le monde du travail, soient déconsidérées, mises à l’index et surtout abandonnées ?
Je crois qu’il y a une autre voie possible. Et la belle société de demain est à construire sur des bases d’humanisme et d’humanité. C’est à ce prix que nous aurons tous une belle vie et un beau pays.

C’est à ce prix que l’on pourra tous avoir une belle vie.

Pour que Demain soit plus beau qu’aujourd’hui.

Bertrand Reshad Bertil


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