« ...et tu auras la vie »

17 novembre 2007

Voici qu’il se lève pour poser à l’Autre une question, - non pour
s’instruire, pour compléter ses connaissances -, mais pour le "mettre
à l’épreuve", lui "tendre un piège" : "Que dois je faire pour avoir la vie éternelle ?"
Alors l’Autre le renvoie au Grand Livre qu’il est chargé précisément d’enseigner : "Qu’est il écrit ? Comment lis tu ?
Tu aimeras ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toutes tes forces, et de toute ton intelligence, - et ton prochain comme toi-même.
Eh bien, fais le... et tu auras la vie."
Tout le monde peut faire la remarque : celui qui interroge en premier emploie le mot "la vie éternelle" : "Que dois je faire pour recevoir en partage la vie éternelle ?" ; l’Autre dit simplement "la vie" : "Fuis cela et tu auras la vie". Dans le même sens, Il dira : “Je suis la Voie, la Vérité, la Vie” ou encore : “Je suis la Résurrection et la Vie."
Voilà qui devrait faire réfléchir toutes celles et tous ceux qui utilisent la formule "la vie éternelle" comme un fonds de commerce. Alors que Jésus, dans les quatre évangiles, nous ramène sans cesse à la vie actuelle.
Au fond, l’expression "la vie éternelle" n’est qu’un pléonasme, puisqu’une vie non éternelle n’a plus rien de vivant ; elle est bien pire que la mort pour la raison enfantine qu’elle est faite pour mourir. C’est ça qui constitue la plus sinistre des impostures : faire prendre la vie mortelle pour la vie. Mais la vie qui feint de nous être donnée au moment précis où elle nous est infligée, c’est le type même du blasphème. Il travestit le Dieu créateur qui se donne sans réserve en son contraire, sa caricature : le Tout puissant père du mensonge, le Prince de ce monde, le Tyran suprême, le Diable. Par conséquent, ne soyons pas des mortels, que diable ! mais des vivants !

Georges Benne et Jean Cardonnel


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Témoignages - 82e année


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