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In’ ti kozman patrimoine
18 septembre 2025, par

En ce jour consacré aux journées du Patrimoine, notre île s’ouvre à elle-même et au monde. Elle se dévoile, dans toute sa beauté et dans toute sa vérité. Ici, le patrimoine ne se limite pas à des pierres anciennes, à des monuments ou à des archives. À La Réunion, le patrimoine est vivant. Il est dans nos mémoires, dans nos chants, dans nos langues, dans nos traditions. Il est dans la force des luttes passées et dans l’espérance des générations futures.
Chaque case créole, chaque temple, chaque église, chaque mosquée, chaque chemin et chaque arbre raconte une histoire. Une histoire faite de voyages, d’arrachements, de douleurs, mais aussi de rencontres, de métissages, de résistances et de créations. Ici, sur ce petit territoire au cœur de l’océan Indien, le monde entier s’est donné rendez-vous.
Notre patrimoine, c’est d’abord la mémoire des esclaves qui, les mains enchaînées, ont façonné la terre au prix de leur vie. C’est la mémoire des engagés venus d’Inde, de Chine, de Madagascar, d’Afrique, de l’archipel des Mascareignes, qui ont écrit une autre page de notre histoire. C’est la mémoire des pionniers qui ont bâti des routes, cultivé la canne, la vanille, le café, et donné à notre île sa place dans le monde.
Mais notre patrimoine, ce n’est pas seulement le passé. C’est aussi le présent que nous partageons, les gestes des artisans qui perpétuent un savoir-faire unique, les musiciens et les danseurs qui, par le maloya ou le moringue, redonnent souffle à nos racines. C’est la cuisine qui porte la saveur des continents, les récits de nos anciens qui font battre le cœur de nos veillées, les paysages de cascades et de montagnes qui rappellent que la nature est, elle aussi, une part de notre héritage commun.
Préserver notre patrimoine, c’est résister à l’oubli. C’est refuser que les sacrifices de nos ancêtres soient effacés. C’est affirmer que nous ne sommes pas un peuple sans mémoire, mais un peuple debout, fier de son histoire et de son identité.
Préserver notre patrimoine, c’est aussi transmettre. Car le patrimoine n’a de sens que lorsqu’il passe d’une génération à l’autre. Il est le fil invisible qui relie le passé au présent, et le présent à l’avenir. Ce que nous protégeons aujourd’hui, ce que nous restaurons, ce que nous racontons, c’est ce que nos enfants et petits-enfants recevront demain comme un héritage vivant.
Aujourd’hui, à l’occasion de ces Journées du Patrimoine, nous célébrons non seulement ce que nous avons reçu, mais aussi ce que nous devons inventer. Car notre patrimoine n’est pas figé. Il est en mouvement, comme notre peuple. Il est à la fois mémoire et création. Il nous rappelle d’où nous venons et il nous invite à construire, ensemble, l’avenir de notre île.
La Réunion est un carrefour du monde, un symbole d’unité dans la diversité. Elle nous enseigne que la richesse naît du partage, que la mémoire nourrit la dignité, et que le patrimoine n’est pas un luxe : c’est une force, un socle, un bien commun.
En ce jour, je veux que nous soyons fiers de dire : nous sommes les héritiers d’une histoire singulière, douloureuse et lumineuse à la fois, et nous en sommes désormais les gardiens.
Gardons nos mémoires vivantes. Gardons nos savoir-faire vivants. Gardons nos paysages vivants. Et faisons de ce patrimoine une promesse d’avenir pour tous les enfants de La Réunion.
Le patrimoine, c’est notre héritage. C’est notre fierté. C’est notre avenir.
Bernard Batou
Suppression des visas pour les Brésiliens pour des séjours de moins de 30 jours
Mézami pétète zot va domann amwin pou kossa mi di sak mi sa di, sansa kissa la done amwin la pèrmissyon pou dir sak mi sava dir é zot nora rézon. (…)
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