APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
2 août 2007

Deux ans (novembre 2005) après les Actes du colloque organisé par le CIRCI (Centre Interdisciplinaire de Recherche sur la Construction Identitaire) et l’AMAFAR-EPE (Association des Maisons de la Famille de La Réunion - Ecole des Parents et des Educateurs), vient d’apparaître chez l’éditeur l’Harmattan “Familles et parentalité : Rôle et Fonctions entre Tradition et Modernité”. Nous savons que la publication des actes d’un colloque est un travail de casse-tête, par sa rédaction et sa mise en forme, surtout sur un thème aussi difficile. Ce sujet est toujours d’actualité tant à La Réunion qu’en France métropolitaine, et dans une certaine mesure, en Europe et dans le monde.
Les maîtres d’œuvre de ce colloque sont Michel Latchoumanin et Thierry Malbert. Je connais depuis de longues années Michel Latchoumanin, qui est doyen de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines et professeur de l’Université de La Réunion. Je sais sa capacité d’organisation et sa force de persuasion pour la mise en place de ce colloque. Il y a eu 22 intervenants. Chaque intervenant a eu beaucoup de mérite de traiter ce problème de la famille et de la parentalité avec compétences et connaissances.
J’ai choisi de vous parler de la quatrième intervenante, sur le thème suivant : “Une approche sociologique de la pluriparentalité au sein des recompositions familiales après rupture d’unions fécondes à l’Ile de La Réunion” : Rachelle Tailée.
Pourquoi Rachelle Tailée ?
J’admire le parcours de cette fille d’ouvrier. Elle a perdu très jeune son père. Elle s’est battue avec une force fantastique pour arriver là où elle est aujourd’hui : Doctorante en Sociologie et Démographie au Laboratoire d’Analyse Socio-Anthropologique du Risque (LASAR) - Université de Caen Basse Normandie - Chercheur associé au CIRCI - Faculté des lettres et des Sciences humaines - Université de La Réunion.
Dans son intervention au colloque, elle nous donne des renseignements très intéressants sur la recomposition familiale : « ... La famille recomposée n’est pas une spécificité de la classe défavorisée. Elle se trouve dans tous les milieux sociaux... Chacun d’entre nous connaît dans son environnement familial, amical, professionnel, une famille dite recomposée.
Mes interrogations portent sur l’organisation de ces familles au sein de la société réunionnaise. Comment se forment-elles à La Réunion ? Quelles places et surtout quels rôles occupent les mères, pères et beaux-parents au sein de l’unité domestique et de la société réunionnaise en général ? Comment ces familles gèrent-elles au quotidien les problèmes liés à leur spécificité ? Existe-t-il à ce niveau des différences selon l’appartenance sociale ? ».
Rachelle Taillée reconnaît que ces questions, pour l’heure, sont sans réponse et l’obligent, ainsi que d’autres, à orienter leurs recherches sur l’organisation et le fonctionnement des familles recomposées à La Réunion.
L’intervention de Rachelle Taillée est scientifiquement bien travaillée. Il y a de la recherche psychologique, anthropologique, sociologique. Ce qu’elle dit est rempli de bon sens. Pour expliquer ses argumentations, elle s’appuie sur des études universitaires sérieuses. Ce qu’elle avance est crédible. Un seul regret, et c’est valable pour elle comme pour les autres intervenants, nous ne cessons de dire avec force au G.R.A.H.TER, depuis plus de 7 ans, qu’il ne faut plus se baser que sur l’Histoire écrite pour affirmer que notre île a été habitée qu’au 17ème siècle ! Nous risquons de tout démentir par les recherches archéologiques que nous entreprenons actuellement. Soyons donc très prudents. Il faut continuer à faire parler la terre réunionnaise... En revenant sur les familles recomposées à La Réunion, c’est un phénomène nouveau dans l’île. Il y a 50 ans de cela, on ne parlait pas de divorce, très peu de couples séparés.
Je maintiens ma position en disant que les parents qui se séparent ou divorcent ne se rendent pas compte du mal qu’ils font à leurs enfants. Un enfant se fait à deux... Et c’est à deux qu’il faut leur donner une éducation et c’est à deux qu’il faut les aimer ! Les enfants subissent un traumatisme de voir leurs parents séparés.
Ils ont besoin de tous les deux pour pouvoir marcher droit dans la vie. Personne ne pourra me faire dire le contraire. Rachelle Taillée est-elle d’accord avec cette analyse ?
Marc Kichenapanaïdou
PS : On peut se procurer les actes de ce colloque chez l’éditeur l’Harmattan à l’Université de La Réunion.
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