Effet d’annonce de la rentrée scolaire 2011, la suppression des allocations familiales risque de creuser davantage un fossé entre les parents à l’école. Agiter le chiffon rouge et faire l’amalgame entre absentéisme et l’échec des résultats aux examens dans l’académie, n’est pas la bonne solution. C’est une mesure inefficace et ne répond rien au problème posé. Quand les conditions d’apprentissages ne sont pas réunies pour mener à bien l’acte éducatif et que la difficulté scolaire n’est pas prise en compte par l’institution, comment éviter absentéisme de l’élève. D’autant plus que c’est une mesure déjà appliquée en Angleterre qui ne fait pas ses preuves.
Les allocations familiales sont destinées à compenser les charges liées à la présence d’enfants, et non à récompenser les bons parents. Priver des familles de ressources, risque d’aggraver leurs difficultés financières et de subsistance. Ceux qui suppriment des postes dans l’Éducation cessent de se poser en redresseurs de torts. La première responsable de l’absentéisme scolaire est l’institution elle-même car elle ne remplace pas les enseignants absents. Elle oriente les élèves sans tenir compte de leurs choix et ne met en place aucune mesure pour éviter le décrochage. Le gouvernement choisit de jouer le rôle du père Fouettard dans un contexte de restriction budgétaire et choisit des mesures qui ne lui coûtent rien. Tout est une question de logique budgétaire et de faire des économies sur le dos des familles les plus démunies.
Cette mesure revêt un caractère discriminatoire à La Réunion car les conditions d’attributions des allocations familiales ne sont pas les mêmes entre l’hexagone et les départements ultramarins, à savoir elles sont attribuées à partir d’un enfant au lieu de deux en France métropolitaine.
Il serait opportun de dresser un état des lieux dans chaque école et collège et lycée les heures d’enseignements non remplacées et de transmettre un bilan à chaque association de parents d’élèves. Bien souvent ces élèves sont confiés à d’autres personnes de l’établissement qui ne sont pas des enseignants et n’ont pas pour mission d’assumer et d’assurer des séquences pédagogiques.
Il serait souhaitable de concentrer davantage de moyens dans les classes de primaire, diminuer les effectifs des élèves, prendre en considérations les langues maternelles et non mettre des pansements sur une jambe de bois et de mettre des dispositifs éclairs ou expérimentaux afin de diminuer les horaires des séquences pédagogiques où la seule motivation est la logique de suppressions de postes et la baisse de la qualité de l’enseignement.
Questions :
- Peut-on se payer le luxe amputer ces sommes à la majorité des familles réunionnaises qui vivent en dessous du seuil de pauvreté quand leurs seules ressources sont consacrées essentiellement aux besoins de subsistance ?
- Que fait-on quand les parents ne touchent pas les allocations familiales ?
- Est-ce simplement une mesure pour remplir les classes et faire baisser les statistiques ?
- Qu’en seront-ils des résultats scolaires et de l’orientation de ces jeunes ?
- Ne vaut-il pas mieux s’assurer que les élèves sachent lire, écrire et compter avant l’entrée au collège et arrêter d’attribuer des diplômes de niveau V à des élèves analphabètes ?
- Faut-il construire davantage de prisons pour les parents que d’écoles pour les élèves contrairement à ce qu’écrivait Victor Hugo au siècle de lumières ?
Deux approches, pour l’élève en difficultés : le comportement violent et perturbateur en classe et avec les autres élèves ou bien l’absence qui arrange parfois la classe et dérange aujourd’hui l’institution.
Jean Odel Oumana
Pour la FCPE-CDPE 974
Le vice-président
Chargé de Communication
& des Relations Institutionnelles
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