Femme... je vous aime

23 octobre 2006

Elle pourrait faire comme ses deux contemporaines, épouses de Président de la République, Mme Pompidou et Mme Giscard d’Estaing. Profiter de la retraite, les loisirs et le repos. Et bien non ! Danielle Mitterrand nous prouve, encore aujourd’hui, que son cœur de femme bat au rythme régulier du métronome sans jamais dévier dans la médiocrité. Un cœur qui bat pour les autres. Les autres sont des gens venus de pays où le soleil brille et montre la misère humaine au grand jour. Des personnes venues de très loin chercher la fortune et le bonheur dans le pays des droits de l’Homme et de la liberté. Le pays de Balzac et d’Hugo. Seulement, ils ne savaient pas que dans les pays riches, la misère existe aussi. A force de baratins, ils se sont faits blouser par des “passeurs” clandestins sans scrupule, appâtés par le gain.
Madame, vous avez pris votre crayon comme l’abbé Pierre prend son bâton de pèlerin à chaque fois que notre société va mal. Il vaut mieux s’adresser au bon dieu qu’à ses saints. Vous ne vous êtes pas tournée vers un ministre, un député ou un de ces machins qui papillonnent au sourire crétin, le soir au 20 heures chez Poujadas ou P.P.D.A. Non madame ! Vous avez cogné à la porte du plus haut sommet de l’État, et mis le Président de la République Jacques Chirac au pied du mur. Vous l’avez mis face à ses responsabilités d’homme pour faire oublier qu’un monsieur au grand nom n’a pas toujours un cœur d’acier. C’est avec le talent incontesté qui vous va si bien que votre lettre sur les ondes de la radio fût diffusée. Vos mots pointus comme une flèche ont atteint leur but en plein cœur de la raison. Car dès le lendemain, sans tarder, une solution était trouvée pour ces personnes entassées comme du bétail dans le gymnase de Cachan. Madame, l’histoire prouve que vous êtes encore et toujours considérée par bon nombre de Français comme la première Dame de France. Madame, je vous aime d’un amour absolu comme j’ai aimé votre mari. Et il m’arrive souvent de parler de lui au présent.

Gilles de la Ravine Blanche


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Témoignages - 82e année


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