À Mayotte : Sébastien Lecornu face à un mouvement social
26 août, par« On ne mange plus à notre faim, on ne peut plus continuer à vivre comme ça »
8 avril 2005

(Page 7)
Le Tahoeraa Huiraatira du très chiraquien Gaston Flosse, branche autonomiste de l’UMP en Polynésie, s’est prononcé ce 4 avril pour le "oui" au référendum sur le projet de Traité constitutionnel européen du 28 mai prochain, décalage horaire oblige.
Après la déroute aux dernières élections territoriales du parti de celui dont le système clientéliste surpassait celui de son mentor parisien (ce qui n’est pas peu dire), Gaston Flosse reconnaît qu’il sera "effectivement difficile et fastidieux d’expliquer aux Polynésiens les raisons de s’engager en faveur du "oui" pour la consultation du 28 mai".
Comment expliquer en effet que l’ensemble du dispositif de protection de l’économie polynésienne risque d’imploser sous les coups de boutoir des directives libérales que cette "Constitution", une fois votée, viendrait légitimer ?
Quelles garanties donner face aux menaces de dumping social constituées par l’accentuation de la mise en concurrence des salariés et des entreprises ? Et surtout pourquoi défendre le "oui" d’un Chirac dont l’engagement dans la dernière campagne de Gaston Flosse ne semble pas avoir été à la hauteur des moyens espérés ?
Aussi, faute d’arguments et de conviction, Flosse, sceptique, s’en remet-il à ses "amis politiques" : "Si nous demandons de voter "oui", c’est un acte de confiance et de reconnaissance pour le président de la République et dans l’UMP". Ainsi soit-il. Si le “non” l’emporte, cela signifiera donc l’échec de Chirac et de l’UMP, qu’on se le dise.
Car Gaston Flosse est tout sauf ingrat : en reconnaissance du peu d’empressement manifesté par Chirac et l’UMP pour imposer son élection au cours du dernier scrutin territorial, son investissement pour le "oui" risque fort d’être purement virtuel. Nous ne nous en plaindrons pas, la Polynésie non plus.
Pascal Basse,
délégué national du MRC à l’Outre-mer
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