Français de La Réunion, perle dans l’Océan Indien

3 mars 2008

S’il est indéniable que le créole est utilisé par une majorité de locuteurs à La Réunion et que c’est la langue régionale de l’hexagone la plus vivace, il est de la part de certains décideurs actuels, une erreur à vouloir présenter le français comme une langue nationale de... l’extérieur.
Le français a été parlé dès les premiers pas des créoles à Bourbon. Il était utilisé par les familles aisées et les classes moyennes comme langue usuelle (en complément avec l’usage créole). Ainsi, la culture française dans la langue nationale a été utilisée (avec quelques nuances) dans les écrits et les conférences par les lettrés, représentant localement ce que le mandarin est à la Chine... avec ses différentes variétés dialectales. Penser que seul le parler créole représente la culture réunionnaise est un outrage à la raison, à l’histoire. Des œuvres de qualité se sont réalisées de génération en génération. Elles ont été produites par des créoles qui n’ont pas attendu que des gens de l’extérieur disent que le français n’est pas d’ici... ici, chez lui. À La Réunion, le français (tout comme le créole) est chez lui depuis l’origine du peuplement et c’est un grand enrichissement que des mots et patronymes malgaches soient venus agrémenter cet ensemble. C’est exceptionnel que nos compatriotes chinois ou tamouls aient apporté leur génie faisant de cette île de La Réunion, entre le parler créole épicé, issu d’une culture populaire vivante, virevoltante et la langue classique de Molière, un véritable petit miracle. Lorsque le grand et remarquable médiéviste Joseph Bédier traduit Tristan et Yseult, une œuvre majeure dans un français d’une pureté exceptionnelle ou quand Jean Albany s’écrit en créole avec la magie des images créoles. Ils ne sont pas antagonistes, mais complémentaires.
Lorsque les premiers engagés produisaient leur premier bal tamoul au Lazaret ou que nous entendons retentir la voix sublime du Muezzin en arabe... Tous... tous... sont ici chez eux et à leur place, à La Réunion...
Cela est le miracle, non pas de « la race » mais de La Réunion, et si certains veulent nier l’essence même de la culture et de notre belle langue française (donc réunionnaise) chantée de par le monde, ils auront face à eux non pas des pancartes de revendications creuses, mais la richesse des œuvres qui, elles, demeurent. Ils ne pourront pas gommer dix mille titres produits en trois siècles et demi. Cela est leur grand problème et porte aussi le germe même de leur échec futur, car la culture est avant tout libre et elle se conjugue avec son corollaire... la Fraternité.

Christian Vittori


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Messages

  • Qui vous a dit le contraire mr Vittori : vous n’êtes pas le premier et le seule à le dire. Ce n’est qu’aujourd’hui que vous découvrez que la langue et la culture française fait partie de la culture créole. Cette dernière comporte aussi toutes les autres cultures ancestrales. Notre langue créole a aussi été formée par les mots des autres langues ancestrales : haka,indienne, malgache. Vous amalgamez tous, si vous voulez respecter l’origine française des mots créoles alors respecter aussi l’origine ancestrale des autres mots.Ex : kabar vient de cabaret(cf petit robert : 1. Etablissement où l(on sert des boissons, 2. Etablissement où l’on présente un spectacle et où les clients consomment des boissons, 3. petit meuble) ou alors de kabary (dans le dictionnaire illustré kabar (écrit avec k) du malgache kabary, kabaré terme d’origine malgache = culte ancestral). Si vous voulez donc respecter la graphie du français vous devez aussi respecter la graphie de ces langues ancestrales comme le français et adopter le k ds certains cas. Mais c’est vous qui en faîtes un poblème, vous fuyez les invitations et préférez attaquer dans les journaux. Vous vous dites le défenseur de la langue créole faisant passer les autres pour des anti français : ce débat est dépassé Mr Vittori, c’est très bas. Vous n’avez pas le monopole. Essayez de plutôt de vous informer de rencontrer les divers courants et de discuter au lieu de calomnier.Nous avons deux langues. M.T.

  • Vous qui aimez autant notre langue français, vous êtes vous déjà posé des questions telles que : pourquoi le niveau est il si bas dans les évaluations ? Comment enseigne t-on le français aux enfants ?? Ont ils tous les mêmes chances ? Apparemment, il n’y a qu’une seule classe (27 élèves en enseignement du créole), je ne pense donc pas que cela puisse être un frein ou un obstacle à l’enseignement du français.Par contre, il a été prouver qu’une classe maternelle bilingue créole français avait de meilleures compétences en français que la classe non bilingue juste à côté.
    Je pense que vous vous trompez de combat. Chantal P.


Témoignages - 82e année


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