Di sak na pou di

Gilbert Pounia et Ziskakan… jusqu’à encore longtemps

Raymond Lauret / 11 avril 2019

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Ces 12 et 13 avril, au Téat plein air de Saint-Gilles les Bains, Ziskakan célèbre 40 années d’un engagement en bien des points remarquable pour la culture profonde de notre petit bout de terre.

Gilbert Pounia a su donner à ce groupe une dimension qui plonge dans l’Histoire de notre île pour nous rappeler ce que nous n’avons pas le droit d’oublier.

On comprendra que je ne sois pas indifférent à l’évocation des évènements qui, un soir de Mars 1978, ont eu pour théâtre le quartier du Cœur Saignant au Port. « Romans pou Rico » remet en mémoire l’assassinat de Rico Carpaye lors de provocations post-électorales. On pourra encore apprécier combien Gilbert et son groupe, avec « Batou fou », nous invite, avec des garçons comme Axel Gauvin, pour ne citer qu’un seul alors que la liste est longue, à une vraie prise de conscience de notre identité créole. Une pensée créole que, longtemps, la pensée dominante a voulu réduire au silence. Ziskakan et Gilbert nous invitent là à la nécessité de dire que nous sommes bien avec tout le monde quand nous mettons en avant ce que nos anciens nous ont apporté comme valeur.

Ce qui fait que j’aime aussi chez Gilbert Pounia cette volonté de sortir de son île pour aller porter ailleurs son message de fraternité comme ciment de l’unité des Hommes de toute notre Terre.

C’était il y a deux ans, le 11 Juillet 2017. J’ai eu alors le privilège, me trouvant alors à Québec où réside une partie de ma famille directe, de constater, à l’occasion du Festival d’Eté de cette ville, combien Gilbert et ses amis de Ziskakan pouvaient faire vibrer une foule qui n’était pas composée que de réunionnais. Sur la Place Youville, dés 18 heures, un gros millier de spectateurs étaient rassemblés. L’occasion et le moment pour eux de vibrer dans les yeux, dans le corps et sans doute dans leur âme, au son des guitares et autres caïambes d’un Gilbert et de ses copains dont les voix nous transportaient tous vers cette petite île devenue pour chacune des personnes présentes un de ces petits villages qui, juste derrière la ligne d’horizon, composent notre planète. J’en avais le cœur tout rempli de reconnaissance. Place Youville à Québec, c’était après Montréal et avant les USA pour une tournée mémorable…

C’est pourquoi, mon cher Gilbert, La Réunion toute entière, je le crois, est avec Ziskakan pour fêter vos 40 ans de militantisme. Et pour te dire : « Ziskakan, pour encore longtemps… ».

Raymond Lauret