Guy Môquet, ’Le témoin des martyrs’, qu’aurais-tu fait ?

18 janvier 2008

Toi qui refusais l’invasion nazie.
Toi qui à 16 ans, a été raflé devant la pharmacie de la gare de l’Est, le 13 octobre 1940, pour avoir distribué des tracts face à une autorité contre laquelle tu ne pouvais rien.
Toi dont le Tribunal pour enfants et adolescents de la Seine avait ordonné le 23 janvier 1941, que tu sois remis en liberté surveillée.
Mais toi qui a fait immédiatement l’objet d’un arrêté préfectoral d’internement administratif.
Toi que les Allemands ont choisi de fusiller, pour montrer qu’ils étaient impitoyables avec tous les distributeurs de tracts, quel que soit leur âge.
Toi qui es mort si bravement et cruellement pour la France.
Toi qui es le plus pur des héros de notre Président.

Que ferais-tu aujourd’hui ?

Nous qui refusons une invasion de baisses sur le prix des médicaments. Baisses imposées par une autorité contre laquelle nous ne pouvons rien.
Nous qui avons été raflé pour nos marges de pharmaciens.

Mais toi qui impressionne tant notre Président. Qu’aurais tu fait ?

Nous pharmaciens Réunionnais qui serons bientôt fusillés par celui qui t’admire tant.

"Vous qui restez soyez dignes de nous ! Les 27 qui vont mourir".

Le 22 octobre 1941 à 16 heures Guy Môquet est fusillé.
Le 25 octobre, Churchill, Roosevelt et De Gaulle s’élèvent contre ce procédé d’exécutions d’otages.
Le 29 octobre, le Führer renonce à la deuxième vague de 50 exécutions.
Les Français s’indignent que le Maréchal n’ait pas protesté publiquement.

André Broquin
Docteur en Pharmacie

PS : Guy Môquet, je te demande pardon, ceux qui t’ont connu disent "il serait fou de voir tout ce que l’on peut faire en se servant de son nom".


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Témoignages - 82e année


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