Di sak na pou di

Habités par un fort sentiment d’injustice, ils se révoltent

Témoignages.re / 21 novembre 2018

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Prenons les devants face aux critiques qui risqueraient d’être trop rapidement formulées : Tenter d’expliquer n’est pas excuser ! L’explication devrait-elle transiter par des sondages, entretiens pratiqués sur des échantillons représentatifs ou autres outils du sociologue ? Les analyses qui suivent s’affranchissent de cette panoplie d’outils d’investigation.

Commençons par cette question : Comment voulez-vous vivre sereinement votre « destin » après avoir subi l’humiliation comme « mauvais élève », de surcroît si vous avez été délaissé par votre père ou votre mère, ou les deux à la fois ; ou n’avez pas été suffisamment accompagné par vos proches ? Et cela pour différentes raisons que l’on peut aisément imaginer, économiques, sociologiques, psychologiques, etc.

Un ami nous disait récemment, avec son statut d’enseignant, qu’il avait, voici une trentaine d’années, incité le Principal Adjoint de son collège à visiter des familles de jeunes en échec et « décrochage » scolaire. Celui-ci, sidéré par les conditions de vie de ces élèves d’ordinaire stigmatisés, changea de perception.

C’est justement de cela dont il s’agit. Nous sommes trop éloignés du réel, et, de fait, nous risquons de pratiquer la politique de l’autruche sans nous en rendre compte. Qui plus est, pour certains, nous formulons des réponses au « désœuvrement » de cette jeunesse sans nous approcher d’elle pour en comprendre sa réalité quotidienne.
Alors que faire ? Fort d’une expérience d’animation de groupe d’expression d’adolescents dans un lycée professionnel à St-Denis, qui a fait l’objet d’une communication écrite voir (1), nous suggérons aux autorités du Rectorat de généraliser ce type d’activité liée à l’expression orale, par des groupes de théâtre, jeux de rôles, aux activités qui touchent l’Être en général, et cela dès la sixième. Il s’agit de réduire les activités à dominante abstraite et cognitive génératrices de difficultés scolaires et non impliquantes émotionnellement en travaillant plus la personnalité de ces jeunes : être plus à l’aise avec l’expression orale, mieux se connaître, exprimer sa crainte quant à l’avenir, ses doutes, ses frustrations, ses hobbies, ses rêves… « Mieux comprendre le fonctionnement du cerveau et comment je l’utilise », titre d’un atelier qui aura été très apprécié dans le lycée cité plus haut. Que ces jeunes sentent qu’ils ont de la valeur aux yeux des autres élèves, aux yeux des équipes enseignantes. Tout en s’assurant de la collaboration de personnes extérieures qui pourraient médiatiser les non dits auprès de l’encadrement du Collège. Activités qui pourraient être poursuivies dans les Lycées et faire entrer la psychologie sociale appliquée dans les cursus et la formation des enseignants.

Frédéric Paulus CEVOI