Di sak na pou di

Honneur et valeurs foutent le camp ?

François Maugis / 5 octobre 2018

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Je relève dans la presse récente, deux phrases qui illustrent bien la folie du monde dans lequel nous vivons. Il ne s’agit pas seulement de faits anecdotiques mais d’indices révélateurs et concordant d’une situation globale et d’un état d’esprit de nos concitoyens qui illustrent le malaise, l’absurdité et la dramatique désagrégation de ce que nous sommes ou de ce que nous voudrions être. Tout le monde rêve de paix et d’harmonie. Nous nous dirigeons tous, insensiblement, vers le chaos, la destruction et le déséquilibre.

Dans le premier cas, la malhonnêteté vient se surajouter au crime et à la désagrégation des valeurs. Dans l’affaire des 70 voitures brûlées chez un concessionnaire automobile, un proche de Monsieur Incarna aurait dit pour expliquer le crime : « Tout le monde a des ennemis dans le monde des affaires ». Mais quelle est donc cette société qui admet et qui érige en loi incontournable que nous vivons tous au milieu des loups et des méchants ?

Dans le deuxième cas, on n’hésite pas à affirmer que l’entreprise est prête à faire n’importe quoi pour s’engraisser, y compris vendre de la drogue. Pour justifier l’adjonction de cannabis dans ses boissons, un dirigeant financier de la Sté Pepsi Cola, Hugh Johnston aurait affirmé de son côté : « Nous étudions toute opportunité de croissance, nous remuons ciel et terre pour trouver de la croissance ». Mais, jusqu’où ira cette logique séculaire du monde des affaires qui est en train de détruire à la fois l’humain et la planète ?

François Maugis
Économiste, écrivain et philosophe