Di sak na pou di

Humanité, deux thèses s’affrontent

François Maugis / 12 octobre 2018

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Tout va mal, tout va bien, le verre est à moitié plein ou à moitié vide, on continue comme ça ou on change tout, etc., etc. Les sirènes de tout bord n’arrêtent pas de gémir ou au contraire de glorifier. Qui croire, que penser ? Et, finalement, quelles sont les thèses en présence ?
D’un côté, tout va mal, on va droit dans le mur et, ce ne sont pas les médias avide de catastrophisme qui peuvent nous rassurer. D’un autre côté, on veut bien admettre qu’une partie de l’humanité n’est pas encore monté dans le train du progrès mais ce serait le prix à payer pour tirer tout ce beau monde vers le haut. De façon plus précise, quelles sont les tendances ? D’un côté on nous dit que tous les voyants sont au rouge, que la pauvreté s’étend, que les écarts entre les nantis et le reste du monde, se creusent, qu’après plusieurs crises l’économie mondiale est au bord de l’implosion, que la santé des humains se dégrade, que la faim dans le monde persiste, que les tendances climatiques sont catastrophiques à terme, que les tensions sociales s’amplifient, que le terrorisme est devenu incontrôlable, etc.
D’un autre côté, si l’on veut bien admettre que la vie de l’humanité n’est pas un long fleuve tranquille, on réfute tout catastrophisme. L’élite mondiale tiendrait les rênes d’une main de fer. Toute dérive vers le désordre, est contrôlée, la production mondiale de biens et de services alimente la machine économique avec des aléas et des soubresauts qui sont maitrisés et qui, en tout cas, ne mettent pas en péril le système économique mondial. C’est ce dernier qui a permis de réaliser les fantastiques progrès humains en matière de santé, de transport, de communication, progrès qui profitent aujourd’hui à une très grande majorité de citoyens de notre planète. Ce système a également permis le fantastique développement de la conquête spatiale qui ouvre des perspectives nouvelles de progrès et de développement.

Qui a tort, qui a raison ? Je vous avoue que je suis bien incapable de trancher. Les désordres de l’humanité pourraient-ils être évités ou font-ils partie de l’histoire, de l’aventure humaine ? La seule chose que l’on peut dire c’est que la situation de l’humanité est devenue bien fragile et que, quelle que soit la valeur des hommes qui la guident ou la dirigent, cette fragilité pose problème. Le génie humain sera-t-il capable d’éviter le pire ? Que pouvons-nous faire d’autre que de l’espérer ?
L’éternelle problématique des rapports entre l’élite et le peuple, reste cependant posée. S’il est vrai que l’élite mondiale des temps modernes a su mettre dans son camp une grande partie du peuple, on peut se demander si cette stratégie n’a pas atteint ses limites. De multiples disfonctionnements s’accumulent et exercent une pression croissante sur le peuple. Cela n’augure rien de bon tant notre équilibre planétaire est fragile et, les voies choisies par cette élite, ne font qu’augmenter cette pression. Il serait temps, me semble-t-il, de changer de stratégie et de faire entrer un peu d’humanité dans la machine économique qui dirige le Monde.

François-Michel Maugis
Écrivain, économiste et philosophe



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Messages






  • C’est une vision dualiste où les idéologies de chaque côté se combattent il serait intéressant d’envisager une complémentarité de ces idéologies Égoïste capitaliste face à l’altruiste solidaire socialiste qui manifesteraient qu’une partie de la face cachée de l’être humain ! F. Paulus

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  • Très intéressant ton message car il pose magistralement le rôle de chaque citoyen dans nos démocraties au XXIe siècle. Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, le citoyen tenait son rôle en étant la source de la connaissance sur laquelle les représentants s’appuyaient pour les défendre. Aujourd’hui, dans ce monde globalisé qui ne peut être compris que par une approche systémique qui nécessite,"en même temps", une culture scientifique pointue et une culture générale à spectre large, pour se former une opinion éclairée digne d’être partagée dans ces lieux dits "Parlement", "Conseil" "Assemblée", limite, de fait, drastiquement le nombre de citoyens capables de comprendre et donc d’intervenir en toute connaissance de cause. D’où ton interrogation : "on continue comme ça ou on change tout" ? Il faut en prendre acte, nous ne sommes plus la source de la connaissance. De fait, les politiques se tournent vers les experts pour le meilleur (le GIEC) ? comme pour le pire (lobbys,etc.) et en l’absence d’une prothèse sensorielle, il nous semble que le choix entre le monde d’hier : "l’homme est la mesure de toute choses’’ et le monde nouveau qui tarde à venir : "la nature est la mesure de toute chose" est encore possible... l’incertitude pour nombre de citoyens quant à leur avenir (paradisiaque ou cauchemardesque) crée les conditions de la peur et partant du replis, de l’appui de l’homme providentiel (cf. élection au Brésil) quelle que soit sa couleur politique. D’où aussi ton impression de prêcher dans le désert (impression que je partage bien sûr) car comment lutter contre la fragile vérité qui tranche quand précisément les fake news inondent les réseaux et les médias d’un meilleur des mondes à venir sur Terre, voire sur une hypothétique exoplanète située à des années lumières...

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  • La question que j’aimerais mettre en débat dans vos colonnes serait : Peut-on être capitaliste et socialiste en même temps ? ma réponse hypothétique est oui - capitaliste qui génère liberté et créativité de l’esprit - socialiste qui génère mise en communi qui implique solidarité, homéostasie, régulations et fraternité. La vision que nous avons du capitalisme est ce qu’il y a de plus horrible comme pillage dévastateur de la planète et des plus pauvres et le socialisme avec la disparition de l’État qui n’a jamais vu le jour etant donné le rapport que l’homme entretien avec le pouvoir : exemple entre autres Poutine.
    Le débat est ouvert . Paulus

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  • A ré écouter le "7-9" de France Inter hier vendredi avec Rapahel Gluxman qui a tout très bien résumé. Je partage ses idées, propositions. après cele, toujours sur cette excellente radio publique, "CO2 mon amour" aujourd’hui samedi était du même tonneau, excellent, c’est ça qu’il faut faire, changer de paradigme, et cesser d’être individualiste, égoiste, comme le système continue encore à l’être, le rester. Soit : "consommer, suivez la mode, frimer et surtout, ne vous posez pas de questions, tout est facile, grâce à nous, cool la vie quoi ..." à quelle folie inconsciente, irréesponsable ! Il suffit de voir les conséquences sociales, environnementales de tout ce système qui exploite les énergies fossiles qui ne se renouvèlleront pas, les terres, l’eau, bref, tout ce qui peut rapporter, le max, le plus vite possible, quite à saccager, compromètre le futur. "Après moi, nous, le déluge", aiment à dire certains, c’est révélateur, individualistes ! On va l’avoir dans tous les sens du terme. Bon WE quand même méditatif sur ce qui nous attend si rien ne change ici bas ! Arthur.

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  • C’est très juste, rien que sur l’île de la Réunion, pour ensuite montrer l’exemple, prouver que l’on est sensible, plus intélligent tout simplement, il y a tant à faire, exemples parmi d’autres :
    - créer au plus vite un "TER-PEI" de St Benoît à St Joseph en lieu et place à tous ces camions, véhicules majoritairement diésels en plus, utilisés de manière solitaire très souvent, y a qu’à voir si on se pose un moment à une intersection, un stop pour comper les véhicules qui passent, édifiant !
    - encourager le déplacement à vélo, pour stopper là encore la pollution, et faire faire de l’exercice. Pédaler et très bon, recommandé pour avoir une bonne santé. Que je trouve ridicule, inadmissible de voir des clients de salle de sport musculation, débarquer de leurs voitures quelques fois des 4X4 rutillants, surdimensionnés alors qu’il est possible de pédaler pour la bonne cause dehors au soleil et gratuit ! Pour aller où ? Faire ses courses, emmener ses enfants à l’école puis se rendre à son travail,enfin, si on a la chance d’en avoir un. Rappel 35% de tau de chômage, 65 même pour les 18-25 ans !
    - ne cuisiner que des produits bio pour les cantines, scolaires, d’entreprises, des prisons et des hôpitaux.
    - disposer là où il n’y en a pas des poubelles de tri qui font défaut comme à la plage, dans les abris bus, les magasins, les rues.
    - ne plus importer de plastique qui ne se recycle pas comme les couverts, les assiettes, les gobelets, les pailles, les barquettes tout comme les coton-tiges qui finissent pas mal dans les stations d’épuration et qui finissent par boucher les pompes, les filtres, les tuyaux. Sous dimensionnées, tout fini ensuite à la mer alors qu’on veut développer le tourisme ?!
    - ne plus faire venir des produits qui sont déjà fabriqués ici, je pense pas exemple aux bières, légumes, fruits. Un comble, j’ai vu traîner dans la rue, une bouteille (vide que j’ai ensuite déposé dans une colonne de tri sélectif) de rhum venant de Cuba !
    - arrêter d’installer des cumulus, ballon d’eau chaude électrique dans les constructions neuves, appartements et même hôtels. Aider les citouens à les rempalcer par des modèles solaires.
    C’est là encore une hérésie de polluer l’ai marin pour faire venir du fioul puis le faire bruler donc polluer encore, ici cette fois, pour en faire de l’énergie électrique qui servira à chauffer de l’eau, des marmittes ! Vive les paraboles solaires pour cuisiner !

    France Inter diffuse les samedis de 16 à 17h (14 à 15 h à Paris) et les dimanches matins de 7 à 8 en rediffusion, la très bonne émission "CO2 mon amour" consacrée aujourd’hui à la forêt, à ce qui se fait au Burkina Faso, cela donne del’espoir de mieux comprendre et de se rendre compte que des gens réagissent proposent autre chose, de mieux, comme aussi Pierre Rabhi.

    Bon WE à tous et toutes, Arthur qui tousse lorsqu’il roule en vélo entre les autos qui fument, comme des camions, bruyants en plus, non, ce n’est pas vraiment top, raisonnable pour la Réunion, son avenir, celui de ces enfants, nés ou à naitre.

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