Di sak na pou di

Humanité durable

Témoignages.re / 18 octobre 2016

On peut bien-sûr comprendre que les célibataires, les homos (hommes ou femmes), et les couples stériles, souhaitent devenir autre chose, souhaitent élever un enfant, souhaitent connaître les joies d’être parent. Qui peut le leur reprocher, qui peut leur en vouloir pour cela, qui peut se permettre de juger que ces êtres-là ont ou n’ont pas droit, eux aussi, à la parentalité. La nature est beaucoup plus complexe que ce que nos esprits mesquins ou limités, peuvent comprendre. De plus, les humains ont encore ajouté de la complexité à la complexité naturelle. Il est très humain et presque banal de vouloir dominer la nature. Alors, gloser sur ces questions de la parentalité, finirait par être risible s’il n’y avait pas derrière cela, quelque chose de beaucoup plus sérieux : l’enfant et la construction du futur adulte. Toute cette discussion nous ramène donc, non pas au droit de l’enfant mais au devoir des adultes envers leurs enfants. Et là, je dois dire que c’est la brasse coulée. Lorsque l’on voit le résultat du respect des stéréotypes actuels en matière de famille et d’éducation, on peut se poser d’autres questions, beaucoup plus importantes :

1 – Savons-nous aujourd’hui élever un enfant pour qu’il soit épanoui, équilibré et heureux ?

2 – Les grands déséquilibres actuels de nos sociétés, ne sont-ils pas dus à cette incapacité de transmettre les valeurs humaines à nos enfants ?

Alors, je veux bien que l’on interdise à certaines personnes d’élever des enfants, mais avant d’en arriver là, ne faudrait-il pas revoir les règles que tout parent, tout éducateur, doit impérativement respecter ? Ne faudrait-il pas insister davantage sur les devoirs de celui et de celle qui est responsable d’une naissance ?

Je préfère un enfant épanoui à un enfant raté, même si ce dernier est issu d’une famille « normale ». La nature nous a appris autre chose que l’uniformité. Sa richesse et sa phénoménale diversité devrait nous rendre plus modeste et plus prudents dans nos jugements. Depuis peu, cette démarche de la raison humaine a d’ailleurs un nom, c’est le biomimétisme. Inspirons-nous de l’incommensurable richesse de la nature et alors, un avenir infini s’ouvrira à l’espèce humaine. Dans le cas contraire, nous nous précipitons vers l’autodestruction.

Je ne veux pas croire à l’apocalypse mais au miracle d’une humanité inspirée et plus proche des grands équilibres de la nature et de la vie.

F. Maugis