Application de l’APE : vers plus de chômeurs que de salariés à La Réunion
8 août, parUne catastrophe se prépare dans l’indifférence
21 juillet 2009

Musique et politique, ça rime et c’est d’actualité. Le rappeur Orelsan a des comptes à régler avec les femmes, il profite donc de sa qualité de chanteur pour le faire publiquement.
« Sale pute ; je vais t’avorter à l’opinel... » et autres amabilités de ce genre font partie de son vocabulaire. C’est de l’art, disent ses défenseurs, c’est de l’art dit-il lui-même, et l’art a tous les droits.
Quand on connait les violences réservées aux femmes sur toute la planète, le manque de respect permanent auquel elles doivent faire face, on peut se demander quelle est la motivation profonde des défenseurs de la liberté d’expression dans ce cas ; peut-être les mêmes qui trouvent le port de la burka intolérable, qui se soucient peu de la parité et montrent que leur indignation est à géométrie variable. On peut aussi se demander si la même chanson injurieuse ayant pour cible une religion ou une communauté aurait pu être défendue avec autant de conviction. Une chanson du groupe NTM n’a-t-elle pas été interdite il y a quelques années car elle appelait à la violence contre les policiers ? Des jeunes filles étaient interviewées au sujet du rappeur, elles reconnaissaient la grossièreté des paroles vis-à-vis des femmes, mais n’étaient pas choquées. Il est sûr que pour elles, la lutte pour la dignité et les droits des femmes est une nébuleuse.
Autre actualité musicale : à l’occasion de l’anniversaire de Nelson Mandela, un concert a été donné à New York et j’ai cru rêver en entendant parmi les célébrités de la chanson y participant le nom de la femme du Président de la République. Oui, Carla Bruni chante en l’honneur de Monsieur Mandela. Qui connaissait son engagement pour la cause du peuple Sud-africain ? En plein apartheid, elle se donnait en spectacle sur les podiums de la mode. Alors, qui était l’invitée de cette manifestation ? Carla Bruni chanteuse ou Madame Bruni Sarkozy, épouse d’un chef d’État ?
La musique adoucit les moeurs, dit-on, c’est vrai quand Bruce Springsteen chante aux vieilles charrues, mais il y a des concerts qui font poil à gratter.
Marie-Hélène Berne
Une catastrophe se prépare dans l’indifférence
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Messages
22 juillet 2009, 00:11, par dominique Aupiais
Que Bruce Springsteen chante aux Vieilles Charues est tout aussi navrant que le fait que Carla Bruni chante pour l’anniversaire de Nelson Mandela à New York. C’est peut-être même plus grave, car si New York est bien une des grandes métropoles de la mondialisation culturelle, Carhaix n’est qu’une petite ville de province européenne se trouvant au coeur de la Bretagne où on se bat depuis des siècles pour maintenir une vraie culture : la culture celtique. Malheureusement, le festival des Vieilles Charrues est justement celui qui fait tache en Bretagne : on n’y programme que très peu de musique celtique ou tout simplement ethnique. Le festival interceltique de Lorient qui ne se cache pas derrière un nom agraire ou rural a montré beaucoup plus d’ouverture en programmant un groupe réunionnais qui fait du métissage créoloceltique et par deux fois, en 1999 et en 2003. Vous ne connaissez pas Renésens ? Alors, cherchez bien ici à La Réunion : vous finirez peut-être par trouver son dernier CD "Intercultural" ! Et laissez tomber Bruni et Springsteen... L’humanité n’a pas besoin de concert pour marquer l’anniversaire d’un individu, même le plus vénérable comme peut l’être Mandela, elle a besoin de retrouver les racines ancestrales de ses peuples, c’est à dire ses vraies cultures.
D.A