Quand le communisme chinois séduit l’Américain
13 juin, parLe monde a changé
15 mars 2006

L’épidémie de chikungunya donne un coup terrible au tissu économique de notre île. La visite du Premier ministre a fait renaître l’espoir chez tous ceux qui ont eu, un jour, le courage de prendre le risque d’entreprendre à La Réunion. C’était sans compter sur le pouvoir de nuisance des bureaucrates planqués à l’abri de leur statut ici comme à Paris. Trois semaines après l’annonce d’une provision de 60 millions d’euros pour les secteurs touchés, les technocrates ont frappé et les acteurs économiques ne sont pas près de voir le premier euro versé sur leur compte. Dans leurs bureaux, ces Messieurs-Dames ont bien trop peur qu’il y ait le moindre abus : des effets d’aubaine... Pas gênés d’encaisser une majoration de 53%, véritable aubaine versée aux frais des citoyens, ils osent chipoter pour nos entreprises en train de mourir, asphyxiées.
Je souhaite que nos entrepreneurs ne se laissent pas assassiner sur place par une bureaucratie arrogante et exigeante. Il faut qu’ils exigent que l’enveloppe provisionnelle soit versée immédiatement et sans délai aux organismes consulaires en fonction de leur poids, en termes de valeur ajoutée dans l’économie. On peut aussi tenir compte des emplois menacés ou encore du chiffre d’affaires manqué. Aux organismes professionnels de s’entendre entre eux sur le critère à choisir.
Très rapidement, chacune des entreprises des secteurs menacés doit recevoir un chèque en fonction de critères simples et rustiques établis à l’intérieur de chaque organisme. Pas de dossier à remplir, pas de RIB à fournir. Un chèque à recevoir d’ici au 20 mars. Faisons simple, voire simpliste, tant pis, on n’a plus le temps de faire de la dentelle de bureaucrate. Tout le monde doit être sur le pont.
Un moratoire sur les cotisations sociales et les impôts des professionnels, en vue d’une annulation pure et simple, doit accompagner ce versement rapide.
Les entreprises vont mourir, demain, après-demain, dans une semaine, et dans un mois, il sera trop tard.
Bien-sûr, ici ou là il y aura des abus, des effets d’aubaine. Oui, et alors ? C’est nous qui payons, non ? Et s’il faut sacrifier la construction d’un sous-marin nucléaire destiné à terroriser d’improbables kamikazes, pourquoi pas ? Mais si la mort des entreprises est imminente, massive et gratuite, en revanche leur remplacement sera infiniment plus coûteux et aléatoire que des mesures de sauvegarde efficaces.
Sans chercher querelle au préfet Cayrel, il a désormais l’obligation d’innover et d’empêcher la disparition de plusieurs centaines, plusieurs milliers d’entreprises. Un "génocide" qui ressemble à une démoustication, exercice dans lequel il a montré d’indéniables compétences depuis quelques semaines.
Charles Durand
ex-bureaucrate
Le Brûlé - Saint-Denis
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