Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
La dernière attaque d’un requin sur un surfeur a entrainé des mesures qui sont largement commentées par nos lecteurs.
8 août 2012

Depuis que les humains ont mis les pieds sur notre île, ils n’ont eu de cesse de détruire son milieu naturel. Sur terre comme dans l’océan proche. La liste des agressions humaines est interminable et se poursuit activement. Le classement des “Pitons, cirques et remparts” au Patrimoine mondial par l’UNESCO ne doit pas faire illusion : ces pitons, cirques et remparts n’ont été préservés que par leur caractère inaccessible.
Tout le reste a été consommé, gaspillé, détruit à jamais pour des besoins immédiats. Cueillette, chasse, pêche sans limites ayant entraîné très vite la disparition d’espèces endémiques. L’exploitation des forêts pour la construction, la cuisson des aliments puis le défrichement massif pour des cultures rentables (café, canne à sucre) ont accentué l’œuvre destructrice de l’Homme.
L’importation d’espèces végétales et animales associée à une pression de l’habitat, de l’urbanisme et des infrastructures ont conforté les agressions. Plus récemment, la rapide transformation de l’île en déchetterie à ciel ouvert (voir le site www.bandcochon.re pour s’en convaincre) et le déversement permanent d’eaux polluées dans l’océan parachèvent les dégâts.
Face à ce triste bilan, des actions ont fini par voir le jour en 2007 pour remédier, en partie, à ces agressions massives et permanentes. Le Parc national (site http://www.reunion-parcnational.fr/) et la Réserve marine (site http://www.reservemarinereunion.fr/).
Mais les dégâts de 350 ans de présence humaine ne vont pas être réparés en 5 ans, ni même en 50 ans. Il faut quelques heures pour anéantir des coraux. Il faut des dizaines d’années pour obtenir une recolonisation, si tant est qu’on y arrive. Il ne s’agit pas de vouloir rétablir la Dina Morgabin des origines, mais de préserver l’avenir de l’Homme sur notre île. Et cet avenir passe par une préservation maximale de ce qui subsiste.
Et qu’on ne vienne pas invoquer de soi-disant traditions que ces actions salvatrices bousculeraient. Lorsque je suis arrivé fin 1965, il n’y avait pas l’ombre d’un camion-bar dans le Grand Brûlé. Ils sont apparus très récemment, dans les années 1990. De même, en 1965, le dimanche matin à 10h à Boucan Canot, il y avait une demi-douzaine de touristes qui se doraient au soleil, les quelques petits pêcheurs du coin leur ayant expliqué que des courants dangereux exigeaient la plus grande prudence avant de se tremper.
La piscine d’eau de mer étant vivement recommandée par les rares habitués.
Il devient urgent que les Réunionnais, toutes origines confondues, respectent la vraie tradition créole qui consiste à regarder l’océan avec respect comme étant un milieu hostile. Une extension de la Réserve marine à toute la côte, y compris bien sûr au niveau du projet délirant de nouvelle route du littoral, est la seule solution viable pour notre avenir d’humains sur cette île tropicale.
Quant aux activités nautiques des humains, il faut les rapatrier sur la terre ferme (piscines, parcs aquatiques et autres) à condition que cela respecte l’environnement, ce qui n’est pas gagné…
Quant à l’éradication des requins, elle est impossible, l’océan étant « ouvert ». Faire croire qu’en affichant un tableau de chasse de 10, 50, 100 requins amènerait une once de sécurité supplémentaire pour les activités nautiques est criminel. Simple gesticulation politique irresponsable de court terme.
Charles Durand
Le Brûlé - Saint-Denis
Courrier des lecteurs
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