Paul Vergès : Penseur et homme d’action
1er septembre, parPaul Vergès : 2016-2026
12 décembre 2025, par

Ce vendredi 12 décembre 2025, cela fait déjà un mois que Pierre-Yves Versini nous a quittés, emportant avec lui mille et mille souvenirs que son métier de journaliste avait permis à bien d’entre nous de partager avec lui.
Dans un ouvrage réalisé en 2017 par une quarantaine de Réunionnais qui avaient alors choisi de dire tout leur respect et toute leur amitié à Monseigneur Gilbert Aubry à l’occasion de ses soixante-quinze ans, Pierre-Yves nous a laissé ces lignes : « Nous sommes en mai 1976. Le stade de la Redoute à Saint-Denis a été fermé quelques jours pour préparer la cérémonie d’ordination du futur évêque de La Réunion. C’était la première fois que j’entendais parler de Gilbert Aubry qui, pourtant, exerçait la profession que je rêvais d’embrasser depuis la classe de 5éme au Collège Bourbon : celle de journaliste… Je ne connaissais pas Gilbert Aubry et j’étais seulement perturbé par la fermeture du stade où je m’entraînais pour préparer le match Réunion-Maurice d’athlétisme, un sommet du calendrier à l’époque… ».
Et Pierre-Yves de poursuivre : « Trois ans plus tard, en août 1979, j’ai vraiment découvert Gilbert Aubry au travers d’une vision commune que nous semblions bien avoir à l’époque sur la nécessaire ouverture de l’île sur l’Océan Indien, via le sport notamment… ». Tout jeune journaliste au « Quotidien de La Réunion », il dit avoir reçu comme un choc hautement positif ces mots qui nous invitaient déjà à souhaiter fortement que, « par dessus les frontières, nos îles se donnent la main. Nos peuples dont les races sont enfantées de mille races trouveront les plages du ciel indien où tout peuple sera frère des autres peuples… ».
Oui, un choc pour celui qui était arrivé à La Réunion à l’âge de 5 ans et qui, dit-il, peinait à trouver sa place, même s’il avait le sentiment très fort qu’elle était ici. Depuis, le temps a passé. Un temps qui verra Pierre-Yves oser, en 1979, un article pour inviter le monde sportif réunionnais « à se tourner vers l’Afrique maintenant… ». Un temps, nous dira-t-il encore, pour comprendre une chose qui tient en cette phrase prononcée par Monseigneur Gilbert Aubry le jour de son ordination : « De l’or et de l’argent, je n’en ai pas… Mon seul titre de noblesse est celui de faire partie du peuple de Dieu… ». Et Pierre-Yves de nous confier : « Cette phrase, je l’ai faite mienne bien après. ».
Salut à toi, cher ami. Et encore merci pour le parcours que tu nous as offert dans cette île de La Réunion qui a le devoir d’être un exemple d’ouverture et de fraternité pour le monde entier.
Raymond Lauret
Paul Vergès : 2016-2026
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