Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
6 novembre 2013

C’est toute la profession, l’ensemble des journalistes et de leurs collègues, qui se sentent concernés par l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon au Mali.
A cette occasion, le Syndicat national des journalistes-Réunion océan Indien leur rend hommage, en diffusant le texte ci-dessous, rédigé par Maryline Dansi, une journaliste qui travaille à La Réunion.
« Samedi 2 novembre 2013. 17 heures à La Réunion. Nous sommes dans la crainte. Ghislaine Dupont et Claude Verlon viennent d’être enlevés là où autrefois ils étaient accueillis en amis. Incompréhensible ! Aussitôt, tout s’enchaîne : les alertes… les recherches… les coups de téléphone… les échanges de mails avec les amis correspondants de RFI dans les capitales africaines… jusqu’à l’horrible nouvelle. Il est 21 heures. Nous sommes dans la peine. Ghislaine et Claude ne reviendront pas. Ils se sont tus. Assassinés ??? Au Mali ?!! Eux, les amis de l’Afrique ?!!!! Absurde ! Viennent les larmes… les questions… l’incompréhension… la rage. Encore ?! Voici RFI une nouvelle fois endeuillée par la perte de deux de ses enfants, si précieux… à la fois dévoués et passionnés.
Ghislaine Dupont est de ceux qui m’ont donné envie de devenir journaliste. Elle était, comme toutes les voix de Radio France Internationale, un peu un membre de ma famille. J’ai grandi et appris le monde avec sa voix. Via le poste de radio que m’avait offert mon père, elle m’a emmenée presque partout. Et plus tard, lorsque j’ai entamé mes études de journalisme et que la rédaction Afrique de RFI m’a ouvert ses portes, Claude, Ghislaine, comme tous les autres, ont été d’une tendresse inouïe, d’une disponibilité rarissime et d’une pédagogie sans faille. Ils ne seront malheureusement plus là pour ceux qui viendront après moi. Quelle douleur ! Quelle absurdité ! Je suis en peine. Pardon. Pardon pour cette bêtise sans nom.
Aujourd’hui, plus que jamais, je veux dire avec Birago Diop : « Les morts ne sont pas morts… Ils sont dans l’ombre qui s’éclaire… Ils sont dans l’enfant qui vagit. Les morts ne sont pas morts… Ils sont dans le tison qui s’enflamme, dans l’arbre qui frémit, dans l’eau qui coule… ». Non, Claude et Ghislaine ne sont pas morts. Ils seront là, à chaque fois que je me tiendrai derrière un micro. »
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