Di sak na pou di

Iniya nal puttându vâzhttukkal Vikârî 5120 !

Meilleurs vœux pour l’année Vikârî 5120 !

Swami Advayânanda / 14 avril 2019

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Il y a 5120 ans de cela, dans la forêt de Dwâraka au Gujarat, à l’ouest de l’Inde, un chasseur, du nom de Uddhava, était aux aguets pour ramener un animal comme butin de chasse. Il vit alors quelque chose bouger dans le buisson. Il tira une flèche, sûr d’avoir atteint sa cible. Quand il s’approcha de sa proie, il vit alors qu’il ne s’agissait pas d’un animal mais de son ami et roi, Shrî Krishna, en personne ! Il savait que la flèche était empoisonnée et que son Seigneur allait mourir à cause de lui. Il se lamenta mais Shrî Krishna lui donna un des plus beau enseignement qu’il soit : l’Uddhava Gîtâ. Shrî Krishna mit donc fin à son avatâratva, à sa manifestation plénière.

Dès ce moment-là, commença le Kali Yuga qui, d’après le calcul des astrologues hindous, devrait durer 432 000 ans. Selon le calendrier tamoul, il y a 5120 ans que Shrî Krishna a arrêté volontairement son incarnation. Tout comme le temps est divisé en cycles immenses, selon les Hindous, chaque Yuga est divisé en pérându, grande année, de 60 ans. Le cycle dans lequel nous nous trouvons actuellement a commencé par l’année Prabhava en 1987 et devrait se terminer par l’année Akshaya en 2047. Nous sommes donc dans la trente-deuxième année du cycle actuel.

Chaque année du cycle pérându porte un nom et cette nouvelle année s’appelle Vikârî. La première chose que nous voulons savoir est, bien sûr, la signification du nom de l’année. Vikârî vient du mot sanskrit vikârin (comme yogî vient de yogin) qui signifie tout d’abord : sujet au changement, susceptible d’avoir des émotions ou être impressionné. La seconde signification est : changeant, modifiant. Le troisième sens est gâté, corrompu et le quatrième est affecté par l’amour ! (dictionnaire sanskrit-anglais V.S. Apte) Si on reste au niveau astrologique, cela ne sera pas une bonne année pour nous !!! Mais nous savons que l’Hindouisme n’est pas une tradition négative car nous avons la possibilité de changer notre vision des choses.

Quand Vikârî nous indique le changement, c’est une bonne chose car, en général, la situation actuelle n’est pas des meilleures. Il y a deux sortes de changements : celui que l’on subit et celui que l’on maîtrise. C’est sûr que nous ne pourrons pas faire grand chose concernant la karma collectif mais nous pouvons modifier notre futur en gérant nos actions dans le présent. En agissant bien à chaque instant, nous modifions notre âgâmi karma, les situations à venir. Nos rishis (sages) sont de grands savants qui observent la nature extérieure et intérieur et en tirent des conclusions - comme le font maintenant nos scientifiques modernes. Mais nos savants actuels n’ont pas le recul qu’ont nos rishis qui sont les héritiers d’une chaîne ininterrompue de transmission de la connaissance (le parampara). Les rishis ne sont pas des êtres que du passé seulement ; à l’heure actuelle, il y a aussi des rishis de par le monde. Tout changement a lieu dans une base qui ne change pas. Les planètes, les galaxies, etc. bougent mais pas l’espace (sauf dans les zones de gravitation hyper-puissantes). Notre corps et notre mental changent sans cesse mais pas la Conscience qui éclaire le changement (voir le texte du nom de Panchadashî). Les sages n’arrêtent pas de nous dire de tenir compte de notre dimension spirituelle dans nos actions de tous les jours. Nous restons trop souvent au niveau physique et mental - principalement émotionnel. L’actualité récente nous a donné un tragique exemple avec le triple infanticide de la Rivière des Galets. Ce sont des émotions non-maîtrisées qui sont à l’origine de ces meurtres.

Ne voyons pas les choses toujours en noir mais gardons notre optimisme afin d’apporter de grands changements dans nos vies. Nous avons une année pour transformer ce qu’il y a de gâté et de corrompu en nous afin que nous nous aimions grâce à notre vision spirituelle et étendre cet amour à toute l’humanité. Mais n’oublions pas qu’il n’y a pas de changement sans connaissance ! Un pilote ne peut changer de direction s’il ne sait pas où il doit aller ! Le yoga - principalement le jñâna-yoga - est un outil très puissant si nous savons l’utiliser. Le yoga n’est pas que postures (âsanas) et respirations (prânâyama) mais aussi Yama et Niyama (valeurs à pratiquer dans la société et pour soi-même). Entre autres valeurs, nous avons l’ahimsâ et l’asteya (la non-violence et le non-vol). Ces valeurs doivent être pratiquées non seulement physiquement mais aussi mentalement. L’année 5120 Vikârî est donc une très bonne année pour notre évolution personnelle. Cessons d’être des marionnettes dans le jeu de Mâyâ (illusion). Devenons des swâmîs (maîtres de soi). A toutes et à toutes : Iniya nal puttându vâzhttukkal ! Tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année !

Votre serviteur,
Swami Advayânanda