Face à la menace d’une crise globale à La Réunion, le silence inquiétant des élus réunionnais
28 juillet, parImpact de conflits lointains dans un pays insulaire dépendant de lointaines importations
5 juillet 2011

La FSU s’insurge contre les propos du président de Région, M. Didier Robert, concernant la langue créole et son enseignement. Oser dire sur la radio nationale que « la défense de la langue créole n’a aucun sens » et qu’« enseigner le créole à l’école n’a que peu de signification, c’est un combat passéiste » relève à la fois de l’ignorance des textes, et, plus grave encore, d’un profond mépris à l’égard des enfants, des parents et des enseignants réunionnais. La langue créole réunionnaise est reconnue comme toute autre langue régionale de France pouvant être l’objet d’un enseignement depuis 2001 (cf BO du 13 septembre 2001).
A ce titre, la FSU regrette qu’il n’y ait pas eu les avancées nécessaires lors des deux mandatures de la précédente majorité, comme la signature d’une Convention État/Région, pour le développement de l’enseignement du créole.
S’attaquer au CAPES Créole, qui, nous vous le rappelons, Monsieur le Président, est un concours national, c’est ignorer la Convention internationale des Droits de l’Enfant, notamment l’article 29 (cf ONU article 29 du 20 novembre 1989). D’autre part, vouloir maintenir les enfants réunionnais dans la méconnaissance totale de leur langue maternelle, de leur culture et de leur Histoire, n’est-ce pas le propre d’une attitude « passéiste » ?
Vous n’êtes pas sans savoir, Monsieur le Président, que le gouvernement actuel a voté la suppression de 16.000 postes d’enseignants à la rentrée prochaine. Or, ce sont justement les enseignements optionnels comme le créole qui sont les premiers touchés par cette mesure inadmissible. Le combat pour l’enseignement de la langue créole est plus que jamais utile et non « inutile » comme vous l’avez souligné. Certes les enfants réunionnais « vivent le créole au quotidien », mais ni plus ni moins que les enfants anglais, espagnols ou français de l’hexagone ne vivent leur langue au quotidien, pour autant, ces derniers l’apprennent néanmoins à l’école.
La FSU demande que les instances politiques et rectorales prennent leurs responsabilités pour l’application d’une véritable politique linguistique à La Réunion. C’est là la clé de l’épanouissement et de la réussite scolaire de l’enfant réunionnais.
Pour la FSU Réunion,
Reine-Claude Scotto
Impact de conflits lointains dans un pays insulaire dépendant de lointaines importations
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