Pourquoi je voterais pour Barack Obama

« Interdit aux animaux et aux noirs ».

9 octobre 2008

Voila ce qu’on pouvait lire, il y a moins de 50 ans à l’entrée de certains bars, restaurants ou cinémas américains.
Il a fallu que des hommes et femmes tels que Martin Luther King, Rosa Park ou encore John Fitzgerald Kennedy, s’élèvent contre tout un système et risquent leur vie, pour que les noirs aux Etats-Unis puissent prétendre aux mêmes droits que les autres.
Le rêve de Martin Luther King prenait enfin forme, donnant ainsi la possibilité à toute une frange de la société américaine jusque là victime de la discrimination, de prétendre au fameux rêve américain, dans lequel tout est possible ; où le pauvre peut devenir riche, l’anonyme devenir célèbre.
Après le 11 septembre, l’ouragan Katrina, le bourbier irakien, et la crise financière, qu’est devenu le rêve américain ? Il semble lui aussi s’être endormi, plongeant la nation américaine dans la morosité.
A mi-chemin entre Martin Luther King et John Fitzgerald Kennedy, Barack Obama semble être aujourd’hui l’homme du changement, portant sur ses épaules l’espoir du retour d’une Amérique glorieuse, solide, et unie.

Si ce n’est pas une révolution, ça y ressemble !

L’investiture d’un afro-américain à l’élection présidentielle marque qu’un pas de plus a été fait en direction d’une société américaine post raciale, d’une société où l’individu, son talent et sa compétence en tant que tels, priment, et où il n’est plus uniquement qualifié par sa couleur, sa religion ou sa communauté.
Une Amérique qu’Obama avait lui-même appelé de ses voeux lors de son discours très remarqué de 2004 où il affirmait : « Il n’y a pas une Amérique noire, une Amérique blanche, une Amérique latino ou asiatique, il y a les Etats-Unis d’Amérique ».
Obama a réussi à dépasser le clivage racial qui pèse tant sur la société américaine, recueillant le vote des noirs, mais aussi celui des classes moyennes blanches, ainsi que celui des classes ouvrières. Il ne joue jamais de la question raciale, sans toutefois renier ses origines.
A ceux qui s’étonneraient que je m’exprime sur un sujet qui peut sembler loin des préoccupations réunionnaises, je répondrai qu’au contraire, tout est là, devant nous.
Le monde entier a les yeux rivés sur ce qui, incontestablement, est en passe de bouleverser les États- Unis. Alors que sur une petite île de l’Océan Indien, la nôtre, depuis des siècles, cette évolution, tant attendue par la première puissance mondiale, est une évidence.

Les Américains commenceraient-ils à découvrir ce que nous savions déjà ? A savoir que la diversité est une chance, et qu’il est possible, à force de tolérance et de partage, que des individus si différents soient-ils, vivent en parfaite harmonie, transcendant l’appartenance à telle ou telle religion, à telle ou telle communauté.
Le respect de la diversité a toujours été l’une de mes préoccupations principales, car je sais à quel point rien n’est acquis, et qu’il faut la préserver comme notre plus belle richesse.

C’est pourquoi, aujourd’hui, voter Obama, c’est un peu voter pour La Réunion.

Nassimah Dindar


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