L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
3 octobre 2007

Cela fait bientôt 10 ans que la rue Oudinot fait blocage à la présence littéraire réunionnaise à Paris pour son Salon et que les écrivains réunionnais ne sont pas conviés au grand banquet républicain de la prise de parole officielle. Pourtant, ils existent et peuvent être aussi talentueux ?
D’où vient ce complexe ?
D’un lobby puissant des élus antillais sur ce ministère, alors que nos élus ne se mouillent pas suffisamment la chemise ?
De la gentillesse des Réunionnais qui respectent la hiérarchie républicaine et n’osent demander leur dû ?
Au manque de présence agissante d’une diaspora réunionnaise unie sur un projet commun ?
S’il est un projet sur lequel notre petite Réunion a, par son intensité naturelle, une présence forte, cela aurait bien été celui du thème consacré “Terre et mer” par ce Ministère de l’Outre-mer auquel nous aurions pu ajouter par la limpidité de notre air austral et le dynamisme de notre volcan originel les termes de “Ciel et feu”. Un feu multicolore, un tapis mendiant parsemé de myriades de coloris de nos habitations et de nos traditions...
Eh bien non, rien n’y fit ! Le silence de la rue Oudinot a été encore une fois d’un froid de marbre, et la marguerite, encore une fois, ne sera pas cueillie... (nom de code de La Réunion, la perle de l’océan Indien). Or, l’histoire-même de notre île (se référer au livre “Le journal de Marguerite” de Victorine Monniot) est en lien avec le Maréchal Oudinot, le Bayard de l’armée française d’après Bonaparte. Mais même à cela, rien n’y fait, car notre île ne sera jamais plus l’île Bonaparte (l’Empereur, influencé par sa première épouse Joséphine, n’a pas aboli l’esclavage). La Réunion et la République, elles ont accompli cette abolition.
Souhaitons qu’après ce nouvel épisode bien regrettable, les responsables de la communication du Ministère de l’Outre-mer se ressaisissent enfin. Car, bon nombre de hauts fonctionnaires qui ont transité sur notre île française et néanmoins créole, qui sont des hommes de bien, savent que les potentialités existent ici et que la richesse du cœur créole peut aussi, à son humble mesure, être porteur d’un grand projet fraternel, littéraire et qu’il serait bien dommage que cette mauvaise coutume qui veut que notre île soit systématiquement occultée du concert national en matière littéraire ou historique soit enfin abolie.
Cela est possible, et nous devrions tous, dans nos immenses différences, mais aussi dans le commun amour que nous portons aux arts et aux lettres, nous unir pour faire un front commun, celui de la liberté et de la reconnaissance de notre île de La Réunion, île au monde, afin qu’elle contribue, elle aussi, bien qu’humblement, à la construction d’une République des lettres égalitaire et fraternelle.
Christian Vittori
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
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