Di sak na pou di

Je ne suis pas généticien, mais… comment neutraliser la transcriptase inverse des virus ?

Frédéric Paulus / 8 mai 2020

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« Cela n’a rien de certain, mais par son ampleur et sa radicalité, la pandémie en cours éclairera sans doute d’une lumière neuve les relations ambivalentes que notre société entretient avec les sciences et la recherche. » Cette citation d’Étienne Klein serait-elle prémonitoire ? Elle nous incite à nous poser cette question à propos de la « transcriptase inverse » de certains virus. Les généticiens la désignent par rétrotranscriptase, impliquant une enzyme utilisée par les rétrovirus et les rétrotransposons. Eux en transcrivant l’information génétique des virus de l’ARN en ADN peuvent s’intégrer dans le génome de l’hôte. C’est ce qui semble se passer avec le coronavirus qui modifie la physiologie des organes qu’il infecte.

Je ne suis pas généticien mais… Suivant les analyses documentées et qui me semblent pertinentes de Jean Deusch, généticien - Professeur de l’université Pierre et Marie Curie s’étant fait connaître pour ses travaux d’intégration de la biologie de développement et de la pensée évolutionniste (« evo-dévo ») -, je relève, dans son ouvrage : Le gène, un concept en évolution, que Deutsch évoque comme point de réfutation du dogme central de la biologie génétique structurale selon lequel « il est possible de « remonter de l’ARN vers l’ADN ». C’est maintenant de plus en plus admis. De surcroît, il écrit : « On découvrira bientôt que la transcriptase inverse n’est pas restreinte à certains virus ; c’est un composant d’une enzyme essentielle chez les eucaryotes…, p. 149, (2). A ceux qui cherchent une (des) cause(s) génétique(s) à la vulnérabilité des organismes touchés par cette pandémie (le fameux « terrain »), déductivement, une question est posée : Comment un virus, qui touche mortellement 2,5 % d’une population et conduit 4 à 5 % de celle-ci en réanimation, épargne-t-il certains ; ou les infecte-ils comme une simple grippe quand d’autres, d’une façon asymptomatique, ne se rendront même pas compte d’avoir été contaminés ?
De cette population, nous n’avons, pour l’instant, que quelques bribes d’informations plus ou moins fiables.

Je ne suis pas virologue mais… M’étant documenté et assidûment confronté aux travaux du professeur Henri Laborit - qui expérimentalement stressait des rats et souris de laboratoire pour en étudier les réactions et comportements, et affirmait, preuve à l’appui, qu’une cohorte de ces mammifères stressée et maintenue en inhibition de l’action était vulnérable en présentant bon nombre de physiopathologies ; alors qu’une cohorte « témoin » de rats qui circulaient librement dans leur cage, soumis au même stress, ne présentait aucune maladie. – je me questionne. Ces stress pouvaient être dus à l’administration de staphylocoques ou encore de tissus cancéreux prélevés sur des rats présentant un début de cancer ? Ceci l’amenait à présenter la déduction suivante, qui n’a pas été contredite jusqu’à présent : En situation d’inhibition de l’action, un organisme agressé et maintenu dans cette situation d’inhibition de l’action par un virus, un foyer cancéreux ou une situation sociale pathogène, tombera tôt ou tard malade. In L’inhibition de l’action, (1979), (2). Il dira plus précisément, page 238 : « Il est difficile de ne pas faire entrer les maladies infectieuses et tumorales dans le cadre des « maladies d’inhibition de l’action ». Ce que nous avons décrit précédemment, concernant l’angoisse humaine et les conditions de vie de l’homme contemporain dans les pays industrialisés et les mégalopoles modernes, permet de fournir une interprétation cohérente de l’augmentation du nombre des processus tumoraux. L’hygiène plus grande et les lois de l’épidémiologie des maladies infectieuses qui en assurent une meilleure prophylaxie, la découverte des antibiotiques également, ont permis une diminution du nombre et de la gravité de beaucoup d’entre elles. Mais ces moyens n’ont rien apporté au terrain biologique en rapport avec les agressions sociales. C’est peut-être une raison de l’augmentation apparente des infections virales et cancéreuses pour lesquelles une protection identique n’a pas encore été trouvée ».
On sait que, dans les années 80, les travaux du professeur Laborit ont été discrédités par une frange conservatrice de grands pontes médecins de l’Assistance Publique de Paris alors que le Professeur était pressenti nobélisable. Est-ce une coïncidence, si, en 2020, Alain Berthoz, Professeur au Collège de France, réintègre le thème de « l’inhibition » (4) dans le champ de la recherche des sciences du vivant humain ?
Réf :
1) Étienne Klein, Je ne suis pas médecin, mais je…, Tract Gallimard, n° 25, 2020.
2) Jean Deutsch, Le gène, un concept en évolution, Seuil, 2012.
3) Henri Laborit, L’inhibition de l’action, Masson, 1979.
4) Alain Berthoz, L’inhibition créatrice, O . Jacob, 2020

Frédéric Paulus, CEVOI, (Centre d’Etudes du vivant de l’Océan Indien)