Di sak na pou di

Jean-Paul, tu veux un commissariat ? Tu l’auras ton commissariat, en 2006 !

Témoignages.re / 14 août 2018

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Le jeudi 29 septembre 2005, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur et candidat à l’élection présidentielle de 2007, était à Cambuston. Profitant de cette visite, le Maire Jean-Paul Virapoullé réclamait au ministre, un vrai commissariat pour sa ville, et des moyens pour lutter efficacement contre la délinquance. Et Nicolas Sarkozy de répondre : « Jean-Paul, tu veux un commissariat, tu l’auras ton commissariat, en 2006 » ! Sous les applaudissements.

La suite, on la connaît. Il s’est écoulé 12 années avant que le projet n’aboutisse et que ne débutent – le 2mai dernier - les premiers coups de pelleteuse. Si tout va bien, dit-on, le commissariat sera livré un peu avant les prochaines élections ! Quant aux moyens qui y seront affectés, ça c’est une autre histoire. Sachant qu’il ne faudra pas s’attendre à des miracles.

Pendant ce temps, la population vit dans l’inquiétude, les vols et cambriolages se multiplient dans la commune. Pas plus tard que la semaine dernière, le local de la police municipale à Fayard a été la cible des cambrioleurs. Comme pour narguer les policiers ou peut-être même le maire, Jean-Paul Virapoullé qui avait lancé fièrement, le 10 mars 2017, à Hélène Géoffroy, Secrétaire d’Etat chargée de la ville, en visite dans la commune. « Nous avons créé un poste de police à Fayard » ! Drôle de poste de police, soit-dit en passant !

Cette série de cambriolages, ce climat d’insécurité qui persiste sont d’autant plus inquiétants qu’il y a deux mois, le 12 juin précisément, la Sous-préfète de Saint-Benoît, le Directeur départemental de la sécurité publique et la mairie de Saint-André entérinaient le protocole d’installation du dispositif « police de sécurité du quotidien », dans trois quartiers de la commune dont justement celui de Fayard. Des citoyens référents avaient été désignés dans chaque secteur. Cet outil « inédit » avait été présenté comme étant la solution pour prévenir les actes de délinquance et de cambriolages. Au vu de ce qui se passe, c’est raté.

Mais, on le savait, dès le départ que la mise en place de ce « machin » - un de plus - sans affectation d’effectif de police supplémentaire, était un leurre. Le but était d’apaiser la colère de la population, celle de l’Etang-Cambuston, notamment, qui avait menacé de s’organiser en patrouille pour assurer sa sécurité.

Paul Denemont