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par le Dr Raymond Vergès

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Joyeux Pongal à toutes et à tous !

mardi 17 janvier 2023, par Swami Advayânanda


L’ashram du Port souhaite un joyeux Pongal à la communauté tamoule de La Réunion.


En Inde du sud, Pongal (prononcé Pongol) est la fête tamoule de la récolte — du riz principalement. C’est une célébration qui dure au moins trois jours. Le premier jour, le 14 janvier cette année, est Bhogi Pandigai où les gens brûlent leurs vieilles affaires. Le deuxième jour est Pongal où les fidèles hindoues remercient Sūrya et Varuna, le soleil et l’eau, pour les bonnes récoltes de l’après-mousson d’hiver. Le troisième jour est Mattup Pongal où les agriculteurs remercient leur instrument de travail : le bovin.

Le hasard du calendrier veut que la fin de la coupe de la canne soit un mois avant Pongal. Vue la différence de culture et de géographie, nous pourrions assimiler Pongal à la fin de la coupe car on doit tenir de deux aspects de la nature pour une bonne récolte : le soleil et l’eau. Les deux derniers éléments étant symbolisés dans l’hindouisme sous la forme de « déva — dieu », Sūrya et Varuna.

A ma connaissance, il n’y a pas de Bhogi Pandigai à La Réunion. Même les autorités du Pays tamoul limitent le brûlage en ville. Il est arrivé que des avions ne puissent pas atterrir à cause de la pollution due aux fumées. Par contre, nous pouvons brûler — sans faire de fumée — toutes nos vieilles tendances négatives liées à l’égocentrisme qui nous empêchent d’être dans la plénitude. Les différentes spiritualités sont là pour nous aider.

Quelques trop rares personnes ont commencé à replanter du riz. Tant mieux ! Mais pas assez, malheureusement, pour célébrer Pongal en grande pompe. Par contre, si nous nous appliquons à voir ce qu’il y a derrière les célébrations, nous découvrons que le riz est en fait le résultat du karma, de l’action, de planter. Comme le dit la Gītā, nous avons le choix de l’action mais pas du résultat ! Ce dernier dépend de tellement de facteurs qu’il nous est impossible de tout contrôler. Profitons de l’occasion qui nous est donnée pour marquer notre humilité devant les forces de la nature. Ne reprenons pas à notre compte l’adage : « Là où l’homme passe, la nature trépasse ! » Comme les paysannes et les paysans tamouls, rendons hommage au moins une fois l’an aux causes de notre réussite.

Le bovin du Māttup Pongal est non seulement décoré en ce troisième jour mais aussi remercié. À travers lui, ce sont toutes les créatures de la terre et des airs qui en sont remerciés. Nous savons tous que l’agriculture industrielle a montré son lot de destruction massive à cause des poisons — appelés engrais et insecticides entre autres. N’oublions pas que la bio-diversité est une richesse, pas l’uniformisation des champs et des jardins. Même si la réaction aux mensonges des grandes multinationales a été relativement lente, beaucoup d’êtres humains se détournent de ces soi-disant remèdes miracles chimiques. Nous aussi prenons l’engagement de ne pas utiliser le moindre produit artificiel dans nos jardins et potagers. Apprenons à vivre avec la nature et à la respecter.

Le département le plus hindou de France a la chance de préserver et de partager avec tous ses concitoyens des célébrations qui ne sont pas forcément comprises du grand public. Souvent ces fêtes ont plusieurs niveaux de manifestations : familiales, communautaires, folkloriques et bien sûr spirituelles. Ces différences de niveaux ne se contredisent pas mais se complètent.

Comme on le dit en tamoul : « Iniya Nal Pongal Vazhttukkal ! » A toutes et à tous, joyeuse fête de Pongal !

Swami Advayananda
Ashram du Port


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