Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
16 février 2010

Je lis dans l’édition du “JIR” de ce lundi 15 février un courrier de Juliette qui se dit choquée par l’emploi du terme "gramoune" pour les personnes âgées de 60 ans ou plus. Je suis dans ce cas et heureux de l’être ! Oui, je suis un gramoune… depuis bientôt 43 ans. Eh oui, ce terme n’est pas forcément péjoratif. Je dirais même qu’il ne l’est que très exceptionnellement. Daniel Honoré, notre gramoune préféré, précisera les choses plus savamment que moi. Figurez-vous, Juliette, que j’avais à peine 24 ans quand mes collègues de l’Insee-Réunion m’ont collé ce surnom. Un surnom plein de complicité, de respect mutuel, je dirai même de tendresse et surtout exempt de toute arrière-pensée péjorative. J’étais leur "chef" et Gramoune sévit pendant près de 20 ans avant de devoir consentir à un long exil pour des raisons professionnelles. Gramoune est revenu dans "son" île d’adoption dès qu’il atteignit l’âge fatidique des gramounes. Un âge idyllique pour moi car j’ai ainsi retrouvé le seul environnement social dans lequel je ne suis pas considéré comme un étranger. Gramoune coule des jours paisibles dans son village des Hauts parmi les gramounes et les "pas encore" gramounes. Alors, vive les gramounes de 7 à 77 ans et au-delà ! Rassurée, Juliette ?
Charles Durand alias Gramoune
Courrier des lecteurs
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