Di sak na pou di

Jusqu’où la précarité peut parfois conduire

Paul Dennemont / 3 février 2021

Les actes de violence peu ordinaires survenus successivement dans le courant du mois écoulé, à Saint-André, au cabinet médical de Jean Marie Virapoullé et à la Mairie, interpellent et méritent qu’on y revienne.

Rappel des faits :

Le mardi 26 janvier, Jean Marie Virapoullé, médecin et par ailleurs personnalité politique, est agressé à son cabinet médical dans l’exercice de ses fonctions. Il se retrouve à l’hôpital, et avec un bras cassé. Deux jours plus tard, dans l’après-midi du jeudi 28 janvier, un individu violent se rend en mairie et saccage totalement le cabinet du Maire, après avoir la veille semé la pagaille au CCAS.

Dans les deux cas, les individus en question, considérés dans un premier temps comme étant des personnes déséquilibrées, seront finalement – après expertise médicale – jugés ultérieurement pour violence. Et selon les informations parues dans la presse – mais surtout, « alé pa di partou  » —il semblerait que dans les deux cas, les auteurs des faits étaient venus réclamer du travail !!

Bien entendu, quel que soit le motif invoqué, cela n’excuse en rien ce déchainement de violence, mais cela doit conduire nos politiques, en général, à s’interroger sérieusement - mais pas seulement -sur ce phénomène inquiétant qui ronge de plus en plus notre société, notre population et appelé « précarité, pauvreté et exclusion  » et les effets qui peuvent parfois en découler. Une population qui - de ce fait -n’a pas d’autres choix souvent de s’accrocher désespérément aux promesses électorales qui lui ont été faites. Jusqu’au jour où çà fait boum !! Et naturellement, en ligne de mire, les élus de proximité, autrement dit les élus locaux.

A l’attention de nos politiques, cette citation qui dit : « Le mal ce n’est pas de ne pas tenir ses promesses, mais surtout d’avoir fait des promesses impossibles à tenir. ». Alors le meilleur moyen de les tenir, c’est de n’en point faire.

Par ailleurs, croire que la sécurité des élus passe par «  in také d’si baro la Méri » serait une grave erreur, au risque de voir se produire l’effet inverse de celui espéré. La solution est ailleurs.

Paul Dennemont