Di sak na pou di

L’ANR dit « interférent » et l’énantiodromie : un rapprochement ?

Frédéric Paulus / 10 janvier 2018

Des recherches récentes sur des plantes puis sur le petit vers Caenorhabditis elegans (dit C élégan) ont conduit à une découverte considérée comme « sensationnelle » par les généticiens. D’ordinaire l’ARN exécute les messages de l’ADN, or que ces ARN « indisciplinés » appelés par les spécialistes en Europe « d’interférent » et en anglais « ARN-silencing » inhibent les « directives » de l’ADN ! L’évènement suscita une extraordinaire surprise. Le phénomène, relaté par Nicole Le Douarin (Professeur au Collège ce France - embryologiste) provoqua un vif étonnement que certains interprétèrent comme une remise en cause du dogme du transfert unidirectionnel d’informations : ADN ==) ARN ==) protéines et caractères.

A des fins d’applications d’autres chercheurs explorent des alternatives à des défaillances de l’ADN afin d’inhiber certains gênes. N’étant vraiment pas de la partie, notre propos consiste juste à prendre date pour un approfondissement à des fins d’évaluation des réactions des chercheurs face à cette rupture de représentation que l’on qualifierait de fondamentale. Notre équipe en informe le public réunionnais afin d’attirer l’attention et suivre grâce aux moteurs de recherches les conséquences qui émergeront de cette découverte.

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Ce n’est pas tout. Un rapprochement semble se déduire naturellement entre cette réalité génétique « opposée » dite « interférente » (pour l’instant) qui semble se constater avec l’hypothèse mainte fois exposée par le psychanalyste Carl Gustav Jung du renversement énantiodromique psychique et comportemental. Ainsi selon la psychanalyste Vivianne Thibaudier « ce terme exprime le retournement en son contraire de l’attitude consciente et la brusque apparition de la contre-position qui, dans l’inconscient, (nous préférons substituer le terme « habitus » à « inconscient ») s’est construite en compensation par suite d’une position consciente beaucoup trop orientée dans une seule direction et au détriment de son opposé », in « 100 % Jung », p. 132 (2011).

L’exemple le plus connu est celui de la conversion de Paul de Tarse (Saül dans la bible). En direction de Damas, Paul fut envahi par une lumière venue du ciel qui l’enveloppa de sa clarté. Terrassé, une voix lui dit : « Saûl, pourquoi me persécutes-tu ? » A partir de ce moment Paul se transforma radicalement et devint l’un des apôtres les plus fidèles de Jésus. De nombreux exemples sont exposés ainsi dans l’œuvre de Jung. C’est un moment où conscient et inconscient doivent impérativement entrer en relation afin que les énergies se rééquilibrent et que puisse s’exprimer l’autre versant de notre personnalité. Le principe de l’homéostasie se retrouverait-il aux niveaux génétique et comportemental ? En une sorte d’homéostasie psychique ? Est-ce cela « la sagesse des gènes », titre d’un ouvrage de Christopher Wills, (1989) ?

Nicole Le Douarin nous dit aussi que c’est Andrew Fire travaillant sur le petit ver « C elegans » qui tenta de provoquer l’extinction d’un gène particulier dont il connaissait l’existence mais non la fonction. Ceci lui a valu le prix Nobel en 2006 avec Craig C. Mello. Elle rajoute que « par ce mécanisme épigénétique, les ARN interviennent d’une manière jusque-là insoupçonnée dans la différenciation cellulaire en contribuant au verrouillage des gènes, qui est à la base des mécanismes de la spécialisation des cellules. Ces découvertes ont conduit à des applications dans le domaine de la recherche et de la thérapeutique, pp. 175-182, in « Les cellules souches porteuses d’immortalité », (2007).

L’énantiodromie trouverait-elle avec ces récentes découvertes en génétique ses fondements naturalistes ?

Frédéric Paulus, CévOI