Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
16 mai 2013

Voici un communiqué commun des syndicats FCPE, FSU, CGT Educ’action, SNUIPP-FSU, Sud-Education, CIMADE, GISTI, LDH, MRAP, RESF suite à l’arrestation d’une réfugiée tchétchène à Nîmes et le projet d’arrestation de ses deux enfants à la sortie de leur école par la police.
La question mérite en tout cas d’être posée suite aux événements survenus la semaine dernière dans une école de Nîmes.
Le 6 mai, Khava Plieva, réfugiée tchétchène déboutée de sa demande d’asile, était arrêtée et placée en rétention pour être expulsée vers la Pologne en application des accords dits Dublin 2. Ses deux enfants étaient en classe, à l’école Gustave Courbet à Nîmes, l’un en maternelle, l’autre en primaire. La police téléphonait aux directeurs pour leur demander de retenir les enfants afin qu’ils soient arrêtés après la sortie des élèves, sans doute pour ne pas procéder à leur interpellation sous les yeux des autres enfants et des parents.
Mais un voisin, dûment autorisé par la mère des enfants, s’est présenté et les a emmenés. Il faut se réjouir que l’intérêt supérieur des enfants soit passé avant les considérations policières et qu’ils n’aient pas attendu pour être emprisonnés avec leur mère. Arrivés avec deux voitures et un fourgon, les policiers ont dû constater leur absence.
La Préfecture du Gard a finalement reculé : Khava Plieva a été libérée après 48 heures de rétention, le 8 mai vers 21h, une mesure prise « dans l ’ int é r ê t sup é rieur des enfants », assure le préfet. Une préoccupation étonnante de la part d’un haut fonctionnaire qui venait d’emprisonner une mère et de tenter de faire arrêter ses enfants à la porte de l’école pour les enfermer avec elle avant de les expulser. Mère qui aujourd’hui craint de ramener ses enfants à l’école par peur d’une interpellation.
S’il s’agit d’une initiative malheureuse d’un préfet, il faut que le ministre la condamne et annonce les mesures propres à empêcher qu’elle se reproduise. Ne pas le faire reviendrait à autoriser que l’on arrête des enfants de sans-papiers dans les écoles, une pratique qui évoque de bien mauvais souvenirs. Rappelons que, quand il était Ministre de l’Intérieur, M. Sarkozy avait tenté de systématiser le procédé. L’indignation des enseignants, des parents d’élèves l’avait contraint à pratiquement y renoncer, tout comme ses successeurs Hortefeux et Besson. Les dernières opérations de police connues aux abords d’une école, des faits isolés en réalité, datent du 1er décembre 2008 à Grenoble, puis du 7 janvier 2011 à Langeac (43).
La pratique de l’arrestation des enfants dans ou à la porte des écoles est inacceptable. La société civile ne l’a pas tolérée sous Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas plus acceptable aujourd’hui.
RESF,
Richard Moyon
Courrier des lecteurs
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