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12 juinPartenariat avec l’État
9 avril 2008

« Je suis né simple soldat, disait le philosophe Alain en tête de l’un de ses Propos. (...) Un bon nombre de mes camarades étaient nés officiers, et je le reconnus tout de suite ; car ils me traitaient sans façon et lançaient ma casquette dans les arbres »...
Lionel Jospin est vraisemblablement de ceux-là, qui ont une conception élitiste du pouvoir. Lui, qui fut le premier secrétaire général du Parti socialiste n’a pas l’âme socialiste tant il reste persuadé qu’il y a des hommes qui sont nés pour commander. C’est ce qu’on peut lire dans son livre L’Impasse où il critiquait sans ménagement Ségolène Royal, sa camarade de parti, candidate malheureuse comme lui à l’élection présidentielle. A ses yeux, elle n’était pas à la hauteur, tout juste « une figure seconde de la vie publique », « pas taillée pour le rôle », allant jusqu’à lui dénier les « qualités humaines » et les « capacités politiques » pour assumer « une telle fonction ».
Il revient aujourd’hui sur sa lancée dans un article paru récemment dans le journal “Le Monde” et intitulé “La France, ses déséquilibres”. Passant en revue les « déséquilibres qui troublent la marche (du) pays » : « les déséquilibres économiques » comme les « déficits majeurs du budget, du commerce extérieur, de la Sécurité sociale, l’« endettement massif sur fond de croissance faible », la « montée de la pauvreté »... ; « les déséquilibres institutionnels : la présidence affichée par Nicolas Sarkozy » étant « source de difficultés » ; « les déséquilibres de l’ouverture » ; « les déséquilibres entre les discours et les actes »..., il pointe également, comme pour faire bonne mesure, « les déséquilibres à gauche », notamment au sein du Parti socialiste et soulève la question brûlante et ô combien délicate de la succession de François Hollande à la tête du parti : « Parmi les dirigeants actuels, les socialistes doivent choisir aujourd’hui une personnalité dotée d’une culture et d’une expérience politiques ».
Sans remonter jusqu’à Lénine qui voyait une simple cuisinière, pour « diriger l’Etat », nous pourrions dire que le meilleur président de la République, serait celui ou celle qui demeurerait le plus fidèle aux principes fondamentaux de la République, prise au sens premier de Respublica, l’affaire publique de tous, principes qui trouvent leur plus haute expression dans les trois mots de la sublime devise : Liberté, Egalité, Fraternité.
Travailler de tout son cœur, de toute son âme, de toutes ses forces, de toute son intelligence - et avec le plus grand nombre possible - à donner du sens à ces trois mots qui sont indissociables, telle serait la tâche la plus pressante, la plus urgente, la plus exaltante aussi, contre l’invasion néfaste du Tout marché. Alain avait raison lorsqu’il osait écrire : « Notre élite ne vaut rien ; mais nous ne devons pas nous en étonner ; toute élite ne vaut rien ; non pas par sa nature ; car l’élite est naturellement ce qu’il ya de meilleur ; mais par ses fonctions. L’élite, parce qu’elle est destinée à exercer le pouvoir, est destinée aussi à être corrompue par l’exercice du pouvoir. »
Georges Benne
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