L’élu de proximité face aux situations de violences conjugales

10 mars 2009

Il est rare de passer la semaine sans que les médias écrits ou parlés ne se fassent l’écho de ces drames familiaux : coups – menaces – blessures – assassinats.
Et, régulièrement, le citoyen, les associations, les institutions, les politiques s’élèvent contre cette violence.
La prise de conscience existe, les mesures existent pour la prévention et la protection de ces femmes victimes de violence.
Des efforts pour mieux agir sont réalisés aussi bien au niveau national que local.
Malgré le fort investissement des femmes en situation de pouvoir, la tâche paraît immense face à ces atteintes à la dignité et à la vie humaine.
Quelles sanctions faudrait-il pour que l’homme (il s’agit souvent de lui) ne passe pas à l’acte ?
Quel espace de parole lui donner pour que dès qu’il sent la violence l’envahir, il se tourne vers cette structure et ne tape pas sa femme ?
L’insuffisance d’activité, d’emploi a-t-elle une incidence sur ces situations ?
Comment convaincre la femme qu’il faut partir à la 1ère claque, la 1ère humiliation ?
Nous constatons que ce problème de santé publique concerne la femme victime mais aussi les enfants.
Les anciennes comme les nouvelles générations sont touchées.

Ces questionnements nous ramènent à la nécessaire évaluation de la politique sociale en vigueur. Et compte tenu de l’ampleur du phénomène, la mobilisation de moyens supplémentaires par l’Etat semble nécessaire.

Au niveau communal, le Maire est sollicité. Il reçoit régulièrement des courriers de femmes qui expriment leurs souffrances et sollicite de l’aide. Il est interpellé lors de ces déplacements par la femme victime qui voit dans un nouveau logement la réponse à sa situation.

Que ce soit le Maire, l’élu de quartier, l’élu délégué, nous ne banalisons pas ces situations, ce qui correspond d’ailleurs à la position adoptée par le Conseil municipal qui s’est engagé à lutter contre les violences faites aux femmes.
Nous leur assurons une écoute ; leur demande concerne principalement un logement durable.
Quand nous les recevons, elles sont déterminées, soit elles ont déjà pris la décision de quitter l’homme violent ou l’ont déjà quitté et sont hébergées par des amis, la famille, des structures d’accueil…
Nous rencontrons des femmes qui vivent pour beaucoup d’entre elles dans cette violence depuis plusieurs années, elles semblent épuisées par cette vie, mais expriment clairement leur volonté de partir pour une vie plus sereine, plus digne, sans violence.
Elles ont déjà connu des hébergements de courte durée (accueil d’urgence, pension de famille, gîte, résidences hôtelières) qui se sont avérés salutaires pour se protéger et protéger leurs enfants.
Ces solutions atteignent leurs limites.
Nos moyens sont souvent réduits au vu des demandes de la population totale du Territoire Communal.
Avec plus de 1.400 demandes de logement répertoriées à Sainte-Marie et 108 logements attribués en 2008, les moyens sont insuffisants. Malheureusement, beaucoup de communes connaissent cette situation de pénuries. Mais notre détermination est forte, l’optimisme est de mise grâce aux programmes en cours : la Réserve, Terrain Elisa, Beauséjour. Nous disposerons de possibilités supplémentaires où nous pourrions répondre favorablement dans un temps plus court aux demandes de la population et plus particulièrement à cette détresse humaine.
Bien sûr, nous espérons que les tentatives d’obstructions pour des raisons bassement politiciennes échouent et que l’intérêt général et notamment des populations les plus fragiles soit préservé.
Après l’accueil, l’écoute, commence la recherche de logement adapté. Nous sommes tributaires de la vacance de logements signalée par les bailleurs sociaux.
Heureusement que ces derniers sont de plus en plus sensibles à ces problématiques, et si la condition d’ancienneté de la demande de logement n’est pas remplie, celle-ci est prise en considération. Nous n’avons pas fait le choix du système de quota de logement opté par certaines communes, car dans les circonstances actuelles, il semble inopérant vu la rareté des logements.
Il nous faut souvent 3 ou 4 mois a minima pour reloger la famille à partir de la date de l’entretien avec la victime.
Une fois la famille dans son nouveau logement, nous nous sentons rassurés et soulagés d’avoir permis aux enfants de bénéficier d’un environnement plus protecteur, plus stable, plus sécurisant et propice à son développement, et à la mère d’assumer son rôle dans des conditions plus satisfaisantes.
Le CCAS, en fonction de la problématique familiale, peut ainsi intervenir pour l’accompagner dans son nouveau cadre de vie.
Le rôle de l’élu de proximité est souvent prenant et polyvalent.
Nous faisons face à plusieurs situations pour lesquelles il faut constamment, en fonction des éléments sociaux, établir des priorités.
Il nous semble très important de maintenir des liens avec la population et toujours leur expliquer notre démarche.
Quand nous arrivons à apporter une réponse aux difficultés des familles, donc du bonheur, nous sommes contents. Nous contribuons ainsi à aider la famille à transformer son cadre de vie.
Nous constatons ainsi concrètement l’utilité de notre ACTION.

Marlène Rodier
En charge des Affaires sociales
Mairie Sainte-Marie


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