Di sak na pou di

L’enfer de la croissance

François Maugis / 2 janvier 2018

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La croissance est une fuite en avant vers la mort de l’économie mondiale.

Fondement de toute chose, les grands équilibres de la vie sur notre planète, obéissent à une autre loi : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

A l’opposé, la folle religion humaine de la croissance perpétuelle, consume et consomme le vivant sans rien produire en échange sinon l’inutile monnaie et l’illusoire pouvoir.

Tel l’enfant prodigue qui brûle la chandelle par les deux bouts, l’humanité précipite ainsi sa chute.

Je ne peux m’empêcher, à ce sujet, de citer notre regretté Jean Marie Pelt :

« Il paraît chaque jour plus évident que la croissance économique ne se poursuit qu’au prix d’une décroissance écologique, tout comme une tumeur cancéreuse ne s’alimente qu’au détriment de l’organisme qu’elle épuise ».

Le mode de vie de la moitié de l’humanité n’est possible que grâce au sacrifice de l’autre moitié. Cette dernière commence à s’en rendre compte. Les tensions économiques et sociales du monde, n’ont pas d’autres raisons d’être.

Quel est donc notre avenir ?

Augmenter ces tensions jusqu’à la rupture finale et la probable disparition de l’humanité ou réduire ces tensions grâce à une meilleure répartition mondiale des richesses et du travail ?

Quelle serait donc la solution ?

Si, au lieu de compenser les imperfections humaines par le « Toujours plus », autrement dit, le culte de la quantité, nous nous efforcions de privilégier la qualité, alors, il y aurait un espoir.

Nous avons sous nos yeux le superbe modèle de la nature et de ses équilibres. Il suffirait que nous nous en inspirions et le tour serait joué.

Certains partisans de ce que l’on nomme aujourd’hui le biomimétisme, s’y emploient un peu maladroitement mais c’est une piste qu’il serait intéressant de suivre.

Oui, nous sommes imparfaits et n’atteindront sans doute jamais la perfection. Mais tendre vers elle est la seule direction raisonnable que devrait suivre l’humanité.

Il y a bien longtemps, nous avons quitté notre forêt. D’une façon ou d’une autre, si nous voulons survivre, il nous faudra y retourner.

Vous l’avez compris, il s’agit du paradis. Mais, attention, il y en a deux : l’un est sur Terre, l’autre est humainement inaccessible.

François-Michel Maugis