L’enfer sur Terre

22 mars 2007

La tragédie du Darfour se déroule sur une terre très proche de nous. Bien plus que l’Europe en tout cas. Et pourtant, tout le monde se fout des massacres perpétrés dans cette région.
A La Réunion, tout le monde fait preuve de grands et de bons sentiments devant toute la misère du monde. Toutefois, depuis quatre années déjà, un pays connaît l’horreur absolue. Les janjawids, cavaliers à la solde du pouvoir soudanais, parcourent toute la région du Darfour, en perpétrant des massacres et des tueries sur leurs passages. A Tawila, des viols collectifs ont mutilé des centaines de petites filles dans les écoles primaires. Des femmes ont été blessées et violées, pendant que leurs maris étaient massacrés. Dans certaines régions, des bébés ont été empalés sur des lances plantées à même le sol.
De tout cela, personne n’en parle à La Réunion. Tout cela nous semble loin de nous, pourtant c’est à notre porte. Devant tant d’horreurs, devons-nous rester les bras croisés ? Devons-nous encore longtemps regarder ailleurs et faire comme si de rien n’était ?
Je ne le crois pas. Et je pense que devant les malheurs de ces populations livrées à elles-mêmes, le peuple réunionnais doit se souvenir des souffrances de l’esclavage. Il doit se souvenir que ne pas crier contre l’injustice, les massacres, c’est les cautionner. Il doit se souvenir que notre belle société multiculturelle doit donner l’exemple à ceux qui ne prône que l’épuration ethnique pour assouvir leurs soifs de terres.
Tout ce qui se passe près de chez nous, la misère à Madagascar, les morts du Darfour, la famine de l’Éthiopie, tout cela doit nous toucher dans notre chaire d’être humain. Car sinon, nous ne valons pas plus que ceux qui pillent, tuent, violent inlassablement.
Alors, je vous demande de vous joindre à moi, pour crier non à tout cela, pour crier non à l’injustice, non à la misère, non à ces crimes. Et quelque part, au-delà des cieux, peut être que nos appels seront entendus, et que cela pourra ramener un peu de paix sur cette terre bien misérable. Car il est certain que les hommes dans leurs folies n’ont plus ni dieu ni maître.

Pour que demain soit plus beau qu’aujourd’hui
Bertrand Reshad Bertil pour le Club François Mitterrand


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Témoignages - 82e année


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