Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
4 février 2013

Le passage de Felleng sur La Réunion a laissé des traces sur le Tampon qui a été particulièrement touché cette fois. Certaines familles ont eu très peur et ont subi des conséquences lourdes qui par ces temps de crise ne font que creuser encore un peu plus la précarité. Nous savons tous que le remboursement des dégâts par les assurances (à condition d’avoir une assurance bien sûr) ne se fait pas toujours rapidement et ce sont bien sûr les familles qui sont pénalisées.
Que s’est-il passé au Tampon ce jeudi 1er février 2013 ?
Pendant la journée, aux alentours de 14 h, venant de Saint-Denis j’ai emprunté la route des plaines pour revenir sur le Tampon (la route du littoral avait été fermée à 14 h et c’était là une très sage décision selon moi). La route des plaines est bien connue par ceux qui l’empruntent pour être particulièrement piégeuse et en cas de forte pluie elle devient carrément dangereuse.
Arrivée à La Plaine des Cafres, à 14 h 45 sous un vrai déluge d’eau, n’y voyant pas à 10 m, je constatais combien la catastrophe était imminente. En descendant vers le 14e puis vers le 12e les routes devenaient de plus en plus impraticables avec des torrents d’eau, des galets, des branches et toute une série de déchets genre moque, fer-blanc carrément sur la route.
Sur les ondes, des mamans de La Plaine des Cafres se demandaient comment aller récupérer leurs enfants, car les chauffeurs de bus ne voulaient pas prendre le risque de remonter par la route nationale qui devenait de plus en plus impraticable.
Certains diront qu’il est facile de critiquer, tout le monde « réclamait le maire », « où est le maire », « on n’a aucune information », etc.…
Le rôle d’un maire c’est d’abord de protéger ses administrés et surtout de veiller à ce que nos enfants soient toujours en sécurité. Ce jeudi, ce n’est pas l’impression qui était donnée et nous avions l’impression qu’une grande confusion, voire cacophonie régnait sur le Tampon. Alors que le Préfet prend la décision de fermer la route du littoral à 14 h, sur le Tampon, malgré la nationale complètement inondée, aucune décision, aucune information, rien. Faire de la politique c’est d’abord prévoir et anticiper.
Pourquoi n’a-t-on pas pris la décision le jeudi matin devant les trombes d’eau qui s’abattaient sur les hauts de Tampon de demander à tous les Tamponnais de venir chercher au plus vite leurs enfants ?
J’avance une explication quant aux trombes d’eau qui se sont déversées dans la ville et ont rendu l’axe routier majeur de notre commune complètement inondé, voire impraticable. En 2011 et jusqu’à mi 2012, notre association « Citoyens Contre le Chik » faisait une mission d’entretien et de nettoyage des ravines des hauts du Tampon à partir du 17e km.
24 personnes œuvraient 4 jours par semaine à rendre à nos ravines leur aspect naturel, c’est-à-dire faire le curage nécessaire pour laisser passer l’eau sans qu’aucun obstacle ne vienne obstruer la ravine et ainsi éviter que l’eau ne dévie vers les habitations ou dans les routes. Mi 2012, l’ensemble des partenaires de l’association ont salué le travail fait par les agents et ont reconnu le caractère d’utilité pour la population, car l’entretien des ravines aide à lutter contre les nuisibles et permet à l’eau de s’écouler dans la ravine jusqu’à la mer.
Cette action d’entretien des ravines devait se poursuivre, nous avions les moyens de continuer, mais avons dû cesser sur le Tampon (alors que l’association œuvre toujours dans d’autres villes de l’île dans le cadre du plan ravine), car la mairie du Tampon n’a pas souhaité ce renouvellement.
Monsieur Le Maire, si l’action d’entretien des ravines s’était poursuivie, peut-être que les trombes d’eau qui se sont déversées sur les routes tamponnaises seraient restées dans la ravine. Je ne parle pas des 24 salariés qui ont vu leur contrat stoppé, alors même que l’État était prêt à accorder leur renouvellement.
La décision que vous avez prise M. Le Maire, de stopper cette action d’entretien des ravines de La Plaine des Cafres signifie-t-elle que vous apportez moins d’intérêt aux Cafriplainois ou s’agit-il d’une autre raison ?
En tout cas il a fallu de peu cette fois pour éviter des lourdes conséquences pour nos concitoyens et je m’associe à la tristesse et au désarroi des familles touchées par ces inondations soudaines et que nous aurions probablement pu éviter si une gestion attentive et rigoureuse des risques cyclones ou intempéries avait été prise avec un peu plus de sérieux par la municipalité du Tampon.
Jean Alain Cadet
Courrier des lecteurs
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