Face à la menace d’une crise globale à La Réunion, le silence inquiétant des élus réunionnais
28 juillet, parImpact de conflits lointains dans un pays insulaire dépendant de lointaines importations
14 mars 2012

Un courrier de lecteur signé de Julia P. m’a interpelé. L’auteur (un pseudonyme de toute évidence) demandait instamment à des femmes membres ou proches du PCR de prendre position dans le conflit qui oppose Huguette Bello et le PCR. S’il ne s’agissait que de cela. On comprendrait aisément que les citoyens concernés par la politique de leur pays puissent avoir envie de connaître la position des autres adhérentes et responsables du Parti communiste réunionnais. Cela est sain et louable.
Mais cet appel est entaché de suspicion, car le pseudo demande non seulement à ces femmes de s’exprimer, mais, en plus, il leur dit ce qu’il faudrait qu’elles disent ! En l’occurrence, et pour résumer ce courrier, il aurait fallu que ces femmes, dont les noms sont cités, expriment résolument leur désaccord avec la politique du PCR et qu’au nom de « la femme », elles disent qu’elles soutiennent Huguette Bello contre le PCR, leur parti. Trop fort !
Ben, l’esclavage la pas fini alors ? Faut croire que tant de combats menés par Madame Bello, entre autres, n’ont pas suffi à émanciper quelques têtes dures. De nos jours, il faudrait encore dicter aux femmes ce qu’elles devraient dire, et pourquoi pas même ce qu’elles devraient penser ? Elles sont tellement bêtes, si on en croit Julia...
Pour ma part, je crois d’abord que les initiateurs de ce courrier, quoi qu’ils veuillent laisser entendre, ont un train de retard sur les avancées de la femme dans notre société.
Ensuite, je pense que si les femmes citées dans la lettre voulaient parler, elles l’auraient fait sans hésiter. Car il faut être bien crédule pour croire que sur une population de 850.000 personnes, tout le monde pense comme vous, Julia. Peut-être y a-t-il un certain nombre, non négligeable, de personnes qui pensent que le PCR n’a pas tous les torts, et parmi elles des femmes. Après tout, le PCR n’a-t-il pas fait un pont d’or à H. Bello pour permettre à une femme d’être députée, puis maire ? Y a-t-il un autre parti à La Réunion qui peut se targuer d’une telle avant-garde dans l’émancipation de la femme réunionnaise ? On ne pourra jamais enlever cet atout au PCR. De plus, défendre nominativement telle ou telle femme est différent du fait de défendre « la femme » en général, il y a là une nuance remarquable.
Enfin, car il faut aussi le dire, quand on a des convictions, quand on croit à des idées et surtout quand on veut les défendre, on n’a pas besoin de se cacher derrière des pseudonymes ou l’anonymat. Bien au contraire, on doit être fière de pouvoir porter haut ses valeurs. Usurper des noms de militant(e)s, ou plus simplement signer d’un « militant du parti » n’a pas de sens quand, dans votre courrier, vous attaquez ce parti. Ayez le courage de défendre vos certitudes à visage découvert.
Julie P.
Impact de conflits lointains dans un pays insulaire dépendant de lointaines importations
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