Di sak na pou di

L’humanisme dans un monde inégal

Radjah Veloupoulé / 24 décembre 2018

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L’affaire des Sri-Lankais pose une question fondamentale dans le fonctionnement d’une société démocratique : doit-on aider et accueillir de enfants, des femmes, et des hommes, qui ont fui leur pays dévasté par la guerre, la violence, et la pauvreté ?

La réponse ne devrait souffrir d’aucune alternative : OUI. Pourtant, les autorités administratives ne semblent pas partager cette affirmation, et ce qui est plus grave certains réunionnais eux-mêmes. Ce pendant, c’est faire devoir de mémoire et de respect pour tous nos ancêtres, que d’accueillir des personnes qui vivent la même situation que les milliers de travailleurs et d’engagés qui sont venus à La Réunion pour échapper à la misère, à la ségrégation, et à l’inégalité des chances dans leurs pays respectifs.

Nous devrions comprendre définitivement que la Réunion est une terre d’asile depuis le début de son peuplement, et que c’est aller à l’encontre de notre passé, de nos valeurs, et de notre promesse d’avenir, que de se calfeutrer dans son petit confort matérialiste, en se protégeant égoïstement des intrus qui nous menacent.

Quelles sont donc les valeurs d’une société qui a peur d’aider, soutenir, et offrir l’hospitalité pour des familles en souffrance ? Pense-t-on que des femmes et des enfants auront pris un tel risque pour venir nous envahir ? Je demande à chacun, autorités de l’Etat et des collectivités, aux réunionnais, de se montrer à la hauteur d’un défi qui consiste à trouver des solutions pour ne pas chasser, vilipender, remettre dans la guerre, des êtres humains, qui ne demandent que de la génerosité, du partage et de la dignité minimale, celle dont devrait bénéficier chaque humain sur cette planète.

Radjah Veloupoulé