L’impossible bio

2 avril 2007

L’histoire commence vers les années cinquante avec la publication d’un livre du Gaylord Hauser. D’après ce nutritionniste devenu célèbre, la maladie et la dégénérescence seraient dues à la pauvreté des sols. Et il l’a prouvé. Ainsi, nous dit-il, « Les poneys originaires d’Irlande ne seraient pas une race de chevaux mais une espèce dégénérée parce que dans ce pays il n’y aurait que des sols rocailleux et très peu d’herbe (?) ». Un jour, il fut appelé par un propriétaire de haras qui voyait en dépit de tous les soins, son cheptel dépérir. D’après l’auteur cité, c’est parce qu’il n’y avait pas de vers dans les terres alentour. « Une terre sans vers est une terre morte ». II conseilla l’utilisation de fumier et l’introduction des vers et le cheptel fut sauvé.
De nos jours, c’est la mode du bio. Alors, les maraîchers n’achètent plus d’engrais mais utilisent du compost et finissent par récolter des fruits ou des légumes rabougris et flétris qui font la joie des clients. « Produire bio n’est pas rentable », a dit un jardinier à la télé.
En fait, « il est possible, grâce au fumier, d’avoir des produits magnifiques (des laitues de plus d’un kilo), mais dans ce cas, c’est invendable ; le client n’y croit pas, d’après une expérience personnelle pendant cinq ans ». Aristophane disait : « Pourrais-tu changer les manières du crabe » ? Enseignant, planteur et éleveur, j’ai expérimenté pendant plusieurs années et je peux vous apprendre comment créer de nouvelles variétés de plantes, ou vous expliquer comment élever vos revenus de 1000 à 1200 euros par hectare grâce à des mélanges d’engrais. Pas besoin de laboratoire.

Monsieur Lucet Marie


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Témoignages - 82e année


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