L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
5 octobre 2006

Qu’ils sont heureux et courageux, ceux de mes frères en Islam appelés Houffazs (mémorisateurs du Coran), qui, chaque soir du Ramadan venu, s’adonnent à la psalmodie de la "Parole Incréée" et de ses versets magnifiques qui font toute la beauté du Coran.
Qu’il est plaisant de les entendre glorifier ainsi notre Créateur et de mettre entre parenthèses, un mois durant, leurs vies afin de nous réveiller à propos de la prééminence des préceptes coraniques et de leur sagesse sur les simples tribulations de notre existence éphémère.
Pris dans nos banalités, ils nous offrent par là même, au-delà de l’accomplissement obligatoire d’un rite, une occasion unique de plonger au cœur de ce qui doit être l’essentiel de la vie d’un musulman, à savoir le développement de sa proximité avec son Seigneur Allah. Ce faisant, ils bercent nos ouïes pendant que nos cœurs s’imprègnent de ce bain spirituel qui nous fait tant défaut et dont on a pourtant tant besoin comme d’une aide salvatrice.
Que cette radio des îles (R.I.L pour ne pas la citer) soit également remerciée pour sa généreuse initiative de mettre à la portée de nos mères et sœurs restées au foyer d’écouter religieusement cet instant de vive émotion vécu par les pèlerins des Lieux Saints de la Mecque.
Cette place ainsi faite sur nos ondes locales à l’Islam, dans le contexte délicat que nous connaissons, témoigne de l’intérêt de leurs promoteurs à ne pas vouloir l’enfermer dans l’étau du communautarisme et de lui offrir un autre visage que celui dont il est otage depuis les tristes attentats du 11 Septembre 2001.
En tant que musulman, attaché tout autant aux valeurs religieuses englobant celles de l’humanisme et en définitive aux lois qui gouvernent notre existence, je ne peux que condamner avec force et vigueur ce drame qui a plongé des milliers de familles dans l’effroi, la peur et le désarroi infini.
De même qu’il m’appartient en tant que citoyen du Monde, de m’interdire d’édifier une échelle des valeurs dans les actes humains condamnables et à ce titre de déplorer avec la même détermination, la pratique des gouvernants et des dirigeants de certains pays d’Afrique et d’ailleurs, qui n’hésitent pas à pactiser avec de grands États à la "parure démocratique et civilisatrice", en offrant leurs ressources humaines, minières et géologiques, et, au prix du sang de leurs frères aux multinationales restées dans cette expectative. Dans ces tragédies qui se jouent au quotidien, où l’on meurt d’épuisement dans ces pays "nouvellement colonisés" avec le consentement de leurs dirigeants et pour leur profit exclusivement personnel, pendant que dans nos pays on ferme des usines et on éteint des compétences, le silence, parfois une information laconique distillée dans l’indifférence générale, est flagrant mais tout aussi révoltant.
Je prie donc Dieu, en ce temps béni, pour que toutes les situations d’injustice, créées par les hommes eux-mêmes, touchant des vies et des terres de par le Monde, musulmanes ou pas, s’effacent au nom du bon sens et du bien commun de l’humanité. Répondre à une agression par une autre agression ne fait que répandre la haine sur plusieurs générations. On ne peut, en effet, sacrifier des vies sur l’autel des religions ou de l’économie, de quelque part que ce soit. Les hommes pas plus que les gouvernants ne doivent provoquer la terreur, ni se comporter en voyous et encore moins attiser la tentation de la corruption chez leurs semblables. Toutes les exactions se valent (profanations de tombe ; inscription injurieuse sur les édifices religieux ; meurtres et assassinats de religieux(ses)).
J’en appelle, même si je vis loin d’eux et de leurs destins tragiques, à la responsabilité de ces hommes de toutes les confessions ou d’aucune, pour qu’ils ne commettent pas des actes au préjudice de leur vie, au détriment des autres et finalement par mépris du don de la vie provenant du Créateur Unique des cieux et de la terre.
L’islam et son livre sacré, contiennent certes des passages, évoquant la confrontation avec les autres religions à l’instar de certains des préceptes de ces mêmes religions qui l’ont précédé, et qui en tout état de cause, appartiennent à un contexte d’époque. Contexte où ces croyants ont dû subir maintes persécutions et pratiquer dans le plus strict secret leur nouvelle foi proclamée.
Mais, seule l’intemporalité du Coran compte. Elle s’incarne notamment dans le fait que sont relatés des évènements antérieurs à la création humaine tout autant que ceux du moment de la révélation et tout le déroulement de l’histoire de l’humanité devant conduire jusqu’à la fin des temps. C’est à cela qu’il faut s’en tenir.
(à suivre)
Y. Omarjee
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
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