Di sak na pou di

L’Occident « rationnel » découvre la méditation thérapeutique

Frédéric Paulus / 6 novembre 2018

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Dans les années 1980 l’antipsychiatre et ami Federico Navarro disait, à titre d’exemple, dans ses conférences sur la végétothérapie, qu’un organisme codifié génétiquement pourrait présenter naturellement 60 pulsations cardiaques par minute, alors que sous influences culturelles stressantes (le terme d’épigénétique n’étant pas familier à cette époque) celui-ci pouvait présenter 80 amplitudes par minute et s’habituer ainsi à un dysfonctionnement chronique. Ceci veut dire que la physiologie initiale de l’organe se trouve culturellement et durablement modifiée. Nous pourrions étendre ce raisonnement à tous les organes qui subissent un stress sous-jacent, sans que nous en soyons conscients. « Toutes demandes faites à l’organisme » définissent le stress selon Hans Selye qui inventa le terme. Dès la conception d’un enfant (in utéro), le(s) stress que rencontre la future mère se répercute(nt) sur l’enfant, cela est de nos jours démontré et admis. Qui pourra alors avancer que les « dysfonctionnements » organiques générés sont innés ou acquis ?

Le Professeur Jean-Pierre Changeux, dans l’ouvrage « La beauté dans le cerveau », (2016), mentionne le terme « d’habitus » qui relate les façons d’être, de penser et d’agir. Cela peut être considéré comme une grande nouveauté. L’impact de myriades d’évènements qui font stress se retrouve intégré dans l’organisme modifiant sa physiologie et donc sa « façon d’être ». Une médecine qui tiendrait compte de cette emprise culturelle sur la physiologie (entendre le fonctionnement des organes) sortirait de sa logique de ne soigner que le symptôme. Elle s’attaquerait aux causes. La médecine occidentale dans son modèle dominant ne s’est-elle pas engouffrée dans une approche qui occulte très souvent l’histoire du malade ?

C’est ce qu’annonce le reportage de Benoît Laborde : « Les étonnantes vertus de la méditation », qui tourne en boucle sur « Arte » et qui présente une alternative de régénérescence « autopoïétique » (Humberto Maturana et Francisco Varela (sans citer ces deux auteurs)) des… chromosones par les pratiques méditatives. Un sujet qui devrait révolutionner les pratiques médicales et l’éducation des enfants, d’une importance capitale et qui mériterait un prochain courrier.

Frédéric Paulus, Cevoi (Centre d’Etudes du Vivant de l’Océan Indien)