L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
20 septembre 2007

Dans une interview donnée fin juin au journal “L’Express”, Martine Aubry revient sur l’échec de sa candidate à la dernière élection présidentielle. « Nous avons échoué car nous n’avons pas été nous-mêmes », écrit-elle pour commencer. Mais qu’est-ce qu’elle veut dire par là ?
Il est clair que le Parti socialiste n’a jamais pu lever l’ambiguïté qui pèse sur lui dans son rapport constant avec le monde de l’argent. Tant et si bien que les principes énoncés au moment de sa création sont souvent restés lettre morte comme l’injonction solennelle lancée par François Mitterrand du haut de la tribune du congrès d’Épinay en 1971 : « Celui qui n’accepte pas la rupture (...) avec l’ordre établi, (...) avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, (...) il ne peut pas être adhérent du Parti socialiste ! » Très vite il est devenu ce qu’il a toujours été : un parti social-démocrate, entièrement converti à l’économie de marché, dont l’une des principales illustrations est le fameux traité de Maastricht.
« La vraie modernité, précise Martine Aubry, consiste non pas à se situer sur le terrain de l’adversaire, ni à suivre tous les jours les nouvelles demandes des Français, mais à définir, à partir de nos valeurs, un projet de société. Un projet qui réponde aux problèmes urgents des Français - les salaires, l’emploi, le logement - et qui réponde aussi aux défis de la mondialisation, du choc démographique, du défi écologique et de l’éclatement de la société. » Soit, mais en aucun cas elle ne met jamais directement en cause la mondialisation capitaliste, source de tous les déséquilibres à l’échelle planétaire, même si elle évoque les « défis de la mondialisation » auxquels son projet est censé répondre. Pas plus que tous les autres dirigeants ou membres du bureau du PS, elle ne fait état des relations, des complicités de son parti avec le monde des affaires. Et si pendant un long moment, Ségolène Royal nous a fait rêver avec les trois mots-clés de la devise de la République : liberté, égalité, fraternité dans leur traduction concrète par la « démocratie participative » et les « jurys citoyens », elle s’est laissée elle aussi entraîner « sur le terrain de l’adversaire » reprenant entièrement à son compte la devise du gouvernement de Vichy : travail, famille, patrie. Comme tant d’autres qui ont répondu aux sollicitations de la politique d’ouverture.
À la réflexion, l’heure n’est plus à se demander comment faire pour restaurer un parti socialiste et une gauche désemparés et décomposés, mais ce qu’il faut faire de toute urgence pour arrêter l’invasion de la société de marché qui met le monde en péril. L’unique rempart ne pouvant être que la République, au sens le plus fort et le plus vrai du terme : la réalité commune à tous. La République à laquelle il faut croire de toute son âme, de tout son cœur, de toutes ses forces, et de toute son intelligence. La République enfin qu’il faut sans cesse inventer - avec la participation active du plus grand nombre -, puisqu’elle n’a été jusqu’ici que seulement postulée !
Georges Benne
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
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