L’unité dans la diversité

22 mars 2007

Suite à l’article paru dans le “Quotidien” du 19 mars 2007 sur la conférence internationale tamoule qui s’est ouverte le 9 mars à l’île Maurice, il me semble important de souligner quelques points.
L’Inde est un État démocratique et laïque d’1,1 milliard d’habitants. Les Indiens sont de différentes confessions : Hindous (80%), Musulmans (12%), Chrétiens (3%), Sikhs, Bouddhistes, Jaïns, Juifs...
Cette république fédérale est constituée de 25 États et 7 territoires formant l’Union Indienne. Les 1,1 milliard d’Indiens parlent plusieurs langues. L’État reconnaît deux langues officielles nationales à savoir l’Hindi et l’Anglais, 15 autres langues régionales, et des milliers de dialectes.
Dans les écoles de chaque État indien sont enseignées les langues officielles et la langue régionale. Il est important que toutes les langues soient respectées et enseignées.
Mais ce qui importe avant tout, c’est l’unité du peuple indien. C’est pour cette unité que le Mahatma Gandhi s’est battu. Unité entre les différentes confessions et unité entre les différents peuples de chaque État de l’Union indienne.
Deux Indiens de deux régions différentes sont parfois incapables de communiquer entre eux car parlant tous les deux leur langue régionale. D’où la nécessité d’une langue nationale indienne : le hindi. Selon les statistiques officielles, seuls 497 millions d’Indiens parlent le hindi sur 1,1 milliard d’habitants. Les autres parlant leur langue régionale.
A La Réunion, les personnes d’origines indiennes sont désignées par les termes “Malbar” et “Z’arabe”. Ces deux termes sont dénués de valeur scientifique. Les ancêtres des personnes désignées par le terme “Malbar” ne viennent pas pour la plupart de la côte de malabar.
La trace des premiers Indiens à La Réunion remonte à 1679. A cette date, 13 Indiennes ont épousé des Réunionnais dont elles ont eu 96 enfants contribuant ainsi activement au peuplement de Bourbon, qui à l’époque ne comptait que quelques centaines d’habitants. Parmi ces Indiennes figurait une certaine Catherine Héros originaire de la ville de Surat (dans l’État indien du Gujrât) qui devint l’épouse d’Arzul Guichard dont elle eut 11 enfants.
Mais c’est entre 1848 et 1883 que le plus gros contingent d’engagés Indiens arrive sur l’île. 81.413 personnes (pour 80% des hommes, 15% des femmes et 5% des enfants) furent transportées de l’Inde vers la Réunion entre ces deux dates. Si l’on tient compte des retours en Inde ou des départs vers Maurice, des naissances et des décès survenus à la Réunion, il y a au 31 décembre 1883, 41.233 engagés inscrits au service de l’immigration de la Réunion (pour 61% des hommes, 15% des femmes et 21% des enfants). Une partie est rapatriée à la fin du 19ième siècle et les autres sont à l’origine des “Malbars” de La Réunion.
Ces engagés indiens viennent de différentes régions de l’Inde : des Tamouls de la province de Madras, des Télougous de l’Andhra Pradesh ou encore des Bengalis de Calcutta. Une variété qui a totalement été gommée par la mémoire collective qui a résumé toute l’immigration indienne sous le vocable de “Malbar” sans aucune nuance.
Quant aux personnes désignées par le terme “Z’arabe”, arrivées vers le début du 20ième siècle, sont originaires de l’État indien du Gujrât.
Pour conclure avant d’être Tamoul, Gujrati ou Bengali, tous ces peuples sont Indiens. Et à La Réunion, “Malbar” ou “Z’arabe” sont tous d’origines indiennes et Réunionnais avant tout.

Raju


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Témoignages - 82e année


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