Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
11 février 2012

Avec l’augmentation exponentielle du prix des carburants, quel choix allons-nous devoir faire pour les prochaines années ? A l’heure de l’épuisement des réserves mondiales de pétrole, les carburants seront de plus en chers et se feront de plus en plus rares.
En effet, d’après les dernières données géopolitiques, il y aurait du pétrole en réserve sur la planète pour seulement une vingtaine d’années. Nous verrons alors de plus en plus de grèves des transporteurs, et bientôt des consommateurs. Le pétrole représente la première source d’énergie mondiale (33%) devant le charbon (27%) et le gaz (21%), les énergies renouvelables et la transformation des déchets (11%) ; le nucléaire (6%).
Toutes sources confondues, notre consommation a été multipliée par 10 depuis le début du 20ème siècle. La consommation annuelle mondiale de pétrole s’élève à 4 milliards de tonnes, soit quatre fois plus qu’après la Seconde Guerre mondiale. Le prix du baril est passé de moins de 5 dollars avant 1973 à plus de 100 dollars aujourd’hui. Nous devons tout au pétrole, mais pourrions-nous encore l’utiliser sans compter ? Nous avons déjà connu trois chocs pétroliers : 1973, 1979 et 2008.
D’après Benjamin Dessus, ingénieur et économiste, « nous sommes arrivés non à un pic, mais à un plateau, nous allons avoir du mal à augmenter notre consommation et le pétrole plus rare coûtera plus cher ». Est-ce pour 2012 ou 2020 ? Pour l’instant, les géologues et les pétroliers ne s’accordent pas sur la date fatidique. Désormais, la demande excède l’offre et le fossé entre les deux s’élargit. Ainsi, l’Agence Internationale de l’Énergie prévoit que les Chinois qui achètent de plus en plus de voitures vont consommer 43% de pétrole en plus d’ici à 2030.
Au-delà de la pénurie, il y a un autre enjeu : le changement climatique. Alors, quelles alternatives ? Les agrocarburants ne sont pas non plus la panacée, car il faut des milliers d’hectares de cannes à sucre et autres plantes pour produire quelques litres de carburants. En plus du changement climatique, il y a la menace de destruction des êtres vivants et des humains pour accaparer des pays riches en pétrole et des terres cultivées destinées à la production des biocarburants. Ainsi, au Brésil, des paysans sont tués et leurs terres sont réquisitionnées pour planter de la canne à sucre qui servira à la fabrication de biocarburant. Tout ça pour la bagnole.
A La Réunion, un biocarburant issu de la canne à sucre est en cours d’expérimentation. Allons-nous laisser la place à la bagnole au détriment de la production de matières premières primordiales pour la survie de l’humanité ? Il faudra un jour choisir entre la bouffe et la bagnole. C’est un choix personnel que nous allons devoir faire pour notre survie et pour la sauvegarde des êtres vivants de cette planète. Mais, c’est aussi des choix politiques à faire pour l’intérêt général.
Ainsi, à La Réunion, le tram-train (un mode de déplacement propre) était une des meilleures alternatives pour le transport des personnes et qui aurait en plus permis de créer des emplois. Mais, hélas, ce projet a été abandonné. Ce sont nos petits-enfants qui vont encore trinquer dans les embouteillages et qui vont encore dépenser plus pour se déplacer.
En tout cas, si certains représentants de certaines collectivités sont d’accord pour participer à la baisse du coût des carburants, attendons-nous à ce que les impôts locaux augmentent.
Il faut savoir que, juridiquement, ce n’est pas possible que les communes fassent ce genre de dépenses, car la fixation du prix des carburants ne concerne que l’État, la Région et les compagnies importatrices de carburants. Il faut savoir que le pétrole issu de sédiments organiques datant de millions d’années est une matière qui ne se renouvelle pas, un jour, il n’y en aura plus. Il faut vite trouver d’autres moyens de produire de l’énergie pour continuer à rouler dans nos bagnoles et pouvoir nous déplacer tout en respectant l’environnement et la planète, et en pensant à notre survie alimentaire.
Gabrielle Marie
Courrier des lecteurs
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