Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
29 juillet 2008

La décision du Conseil d’Etat du 27 juin dernier de refuser la nationalité française à une Marocaine portant une burqa, au motif qu’elle a adopté, au nom d’une pratique radicale de sa religion, un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française et, notamment, le principe d’égalité des sexes, est surréaliste. Ainsi, dans la France de 2008, l’adage populaire qui affirme que « l’habit ne fait pas le moine » serait devenu obsolète. En effet, comment les juges peuvent-ils connaître les convictions religieuses de l’intéressée, domaine intime s’il en est. S’arrêter à l’aspect extérieur, à la tenue vestimentaire de la personne est un peu court. Ou alors, il faudrait aussi exclure de notre pays toutes les religieuses catholiques qui "osent" se promener dans les rues avec une tenue qui affiche clairement leurs convictions religieuses, radicales pour certaines, moins radicales pour d’autres. Que dire de ces prêtres en aube, chasuble et étole qui défilent dans les rues à l’occasion de telle ou telle fête religieuse ? Que dire de ces musulmans qui osent parader, la barbe longue, dans leur djellaba, dans les rues de Saint-Denis : probablement de dangereux radicaux ? Que dire de ces dames qui osent porter leur sari et afficher ainsi une pratique radicale de la religion tamoule ? Alors, une femme voilée ou vêtue d’une burqa peut-elle être qualifiée de pratiquante radicale de sa religion ? Je crains que cela ne relève que d’un prétexte mesquin pour certains de pouvoir affirmer indirectement leur intolérance à l’Autre. Le fait que, dans le cas d’espèce, la gauche et la droite se soient félicitées de la décision du Conseil d’Etat est attristant et inquiétant pour l’avenir de notre France. Un pays où le "vivre ensemble" devrait être un idéal collectif en dehors de tout préjugé racial, ethnique, philosophique ou religieux. Pour ma part, je ne peux qu’encourager toutes les femmes et tous les hommes à se vêtir comme bon leur semble - burqa comprise - en évitant l’indécence. Une indécence qui se répand et transforme nos rues en défilé de nombrils féminins... Une indécence qui souligne la déréliction de notre société dans laquelle "l’image" prend plus d’importance que la beauté de l’âme. Dommage : personne n’y gagnera rien.
Charles Durand Le Brûlé - Saint-Denis
Courrier des lecteurs
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