Di sak na pou di

La canne à sucre à La Réunion : parle-t-on sérieusement de l’avenir ?

François Maugis / 28 novembre 2017

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Au-delà des problèmes de gros sous, il faudrait voir autre chose qu’un banal marchandage. Ne pas se soucier de la qualité de ce que l’on produit et surtout du prix de revient et des possibilités d’écouler son produit sur le marché mondial à un prix qui satisfasse l’ensemble de la filière, ce n’est pas sérieux. Des pans entiers de l’économie mondiale se sont écroulés parce que les dirigeants n’ont pas su prévoir, anticiper certains déséquilibres économiques. Cela s’appelle de l’aveuglement, de l’imprévoyance.

La Réunion dispose d’un formidable potentiel, en particulier climatique. L’agriculture tropicale souffre d’une énorme carence qualitative et quantitative. La Réunion est stratégiquement fort bien placée pour relever ce défi et participer au relèvement de ce secteur de l’activité mondiale. Quel beau challenge, quel beau programme si, au lieu de se battre comme des chiffonniers, les acteurs de la filière canne réfléchissaient à leur avenir et donc aux évolutions indispensables de leurs activités.

Enfin, sur ce précieux territoire tropical disposant d’une infinité de microclimats propices à mille variétés de plantes, n’est-ce pas un crime de faire de la monoculture. Et surtout n’a-t-on rien trouvé de mieux que cette monoculture industrielle et polluante pour faire vivre des milliers de familles ? Associé à la structure de la petite ferme familiale, le savoir-faire des Réunionnais est capable de faire des miracles inatteignables par une grande structure industrielle.

Il est indécent de ne pas comprendre que ce petit territoire morcelé est le support idéal de ces structures à taille humaine où l’intelligence des acteurs peut s’exprimer pour valoriser au mieux ce formidable potentiel climatique et morphologique. Nous vivons ici sur un jardin étagé, une véritable tour de Babylone de l’agriculture. Ici, comme au Japon, quel meilleur moyen de lutter contre l’inactivité que de confier à des familles des parcelles à taille humaine qu’elles cultiveront, comme autrefois, avec amour mais comme aujourd’hui on sait le faire avec plus d’efficacité et moins de pénibilité.

On a oublié la richesse et la diversité des plantes alimentaires tropicales car nos ingénieurs sont peu formés dans ce domaine. Il est temps de rectifier le tir, pour l’avenir des Réunionnais, pour l’avenir des régions tropicales du Monde qui souffrent comme nous, de l’hégémonie agricole occidentale, incompatible avec le développement d’une agriculture tropicale riche et diversifiée.

François Maugis
Président de l’association Énergie Environnement.
Ex animateur régional en qualité industrielle



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  • Il s’agit effectivement de varier les productions et particulièrement de permettre l’autonomie alimentaire en végétaux ; il s’agit de recycler un maximum aussi ; nous savons faire des plastiques, carburants... avec la Canne à Sucre, l’Ananas, etc... et plus encore avec le Chanvre (France 1er producteur mondial et rien à La Réunion ?!). Que la moitié des champs soient affectés à autre chose, d’urgence !

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